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L’évolution de la logistique par l’automatisation et l’IoT

Grâce à la miniaturisation des composants et la démultiplication des capteurs, le secteur de la logistique se retrouve bouleversé. L’automatisation est devenue intelligente. De la gestion de la trajectoire des chariots pour transporter les palettes, aux drones inventoristes, lunettes connectées et gants pour l’ouvrier du futur, les appareils promettent d’améliorer la productivité et optimiser l’efficacité des flux de personnes et du matériel.

La question du mobilier

Le mot d’ordre qui semble tout d’abord s’imposer dans la considération d’une réorganisation de la gestion d’entrepôt est la flexibilité. Le cahier des charges très précis d’il y a quelques temps a tendance à s’effacer pour laisser place à une certaine simultanéité. En effet, comme l’énonce le directeur général du groupe Panhard, Christophe Bouthors : « Un bâtiment a sa propre équation économique”. Le souci ici est de concevoir des lieux de stockage dont l’évolution future est inconnue.

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La pertinence d’un projet d’automatisation est généralement évaluée par les entreprises selon 4 objectifs principaux d’optimisation : le gain en surface de stockage par concentration automatisée des stocks, la sécurité des personnes et des biens, la productivité, et la qualité du service.

Aussi, et toujours selon Christophe Bouthors, « les entrepôts doivent être proches de grands bassins de consommation et être bien placés en termes d’accès routiers”. Des critères de sélection auxquels la France ne correspond pas vraiment.

Les règlementations

Le prix peu élevé du secteur foncier dans l’Hexagone est considéré comme une des raisons expliquant la frilosité française envers l’automatisation. Il permet de développer des sites de grandes surfaces  plutôt que d’optimiser l’espace. Des habitudes culturelles bien ancrées donnant une faible visibilité aux prestataires logistiques. Le Directeur Général d’Arthur Loyd Logistique, Didier Terrier s’explique : « “L’entrepôt est un produit immobilier très banalisé. Quelle que soit l’activité ou le type d’entreprise, les entrepôts doivent respecter les réglementations des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE)”. La règlementation risque d’entraver la robotisation, durcissant déjà l’obtention des permis de construire pour la réalisation d’entrepôts de grande hauteur, souvent nécessaire à l’automatisation du stockage. Cependant, déclaré Antoine Tostain, cofondateur de Tostain & Laffineur, « si le plan local d’urbanisme ne prévoit pas de hauteurs plus importantes, il peut bloquer l’implantation d’une entreprise”.

S’adapter à la réalité du terrain

Pourtant, la question de révision de l’architecture des entrepôts est fondamentale. Le but ici est de s’adapter au mieux aux différentes saisonnalités des activités des entreprises. On ne peut plus se cantonner aux positions très rigides, peu adaptées à la réalité du terrain. Il en va de la hausse de la productivité de ces dits entrepôts. Malgré un retard significatif sur les pays frontaliers, le directeur général de Panhard souligne tout de même l’évolution nationale dans le domaine : “En France, l’immobilier logistique a beaucoup évolué au début des années 2000. Les bâtiments sont devenus beaucoup plus gros : 30 000 à 100 000 m2, à cause de l’optimisation des flux et des supply chains”.

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Rationaliser un ensemble de coûts

C’est également sur le fonctionnement interne, au-delà des dimensions, que l’impact de l’automatisation se fait déjà sentir. Plus besoin de larges allées, des couloirs étroits suffisent pour le passage d’une navette ou d’une grue accédant à des hauteurs plus important que les simples chariots. La diminution de la largeur et l’augmentation de la hauteur permettent le stockage davantage de marchandises dans les entrepôts automatises. Une opération efficace dans un espace plus petit. L’automatisation possède également cet avantage de pouvoir déloger plus simplement des biens en cas d’agrandissement ou de déménagement. Comme le remarque Christophe Bouthors  : “l’automatisation permet de rationaliser un ensemble de coûts”.

Une cohabitation naissante

Des appareils tels que les transstockeurs, permettent d’obtenir des gains notables au niveau de l’exploitation de la surface d’entreposage.

A travers de tels appareils, l’automatisation se révèle pertinente lorsqu’il s’agit d’entreprendre des tâches répétitives et pénibles dont le temps d’exploitation est très long. Certaines entreprises n’hésitent pas à mécaniser le déplacement de palettes ou de colis à l’aide de flottes de robots AGV (Automated Guided Vehicles). Ils permettent un traitement automatique très précis se basant sur les destinations et horaires de départs des expéditions.

De plus, une hausse de la productivité peut être justifiée par une planification optimale des opérations de transport et de manutention. Permettant un risque de blessure et d’accident limité, ces méthodes assurent une garantie de ponctualité des livraisons ainsi que la préservation de l’environnement des zones d’évolution.

Robot

Les robots de palettisation ne cessent de progresser en efficacité, mais le coût des machines peut encore demeurer un obstacle. Leur programmation exacte peut également présenter quelques difficultés ; il s’agit de concevoir une méthode d’action, un logiciel de gestion pour l’intégrer à un ensemble qui peut être soit palettiseur soit convoyeur. La cohabitation se joue alors lorsque les AGV travaillent avec des chariots élévateurs conduits par des opérateurs humains.

La pénibilité limitée

Il y a un double enjeu à l’automatisation des entrepôts : gagner en productivité, limiter la pénibilité des tâches. C’est dans cette optique que les objets connectes sont alors sollicités. “Nous sommes dans une logique de coût qui fait que l’automatisation devient la solution. L’un des vrais progrès technologiques est lié à la robotisation et aux outils connectés qui remplacent des opérations effectuées manuellement. Le but étant de libérer les mains du préparateur de commandes”, confirme Jérôme Libeskind, consultant spécialisé en logistique urbaine et e-commerce. Comme le disait lors du tour de table du Centre Numérique Joel Dreyfuss, « aujourd’hui on remplace le cerveau, auparavant, on remplaçait le muscle. »

Preparateur de commande

Le rôle qu’auront les objets connectés

Les casques avec microphone à reconnaissance vocale et les terminaux mobiles conçus pour des applications informatiques courantes sont des exemples d’appareils connectés déjà utilisés depuis quelque temps. Autrement nous pouvons également évoquer les terminaux embarqués utilisés et montés sur des chariots élévateurs ou de préparation de commandes. Ils connaissent une implantation progressive dans les entrepôts pour un besoin réel comme Christophe Bouthors le souligne : “Tous les métiers qui nécessitent une très forte main-d’œuvre sont les premiers secteurs de réflexion autour de l’automatisation”.

Priorité aux lunettes

Mais ces jours-ci ce sont les lunettes connectées qui attirent l’attention. En temps normal la préparation des commandes s’effectue par un opérateur tenant un terminal dans la main durant tout le processus. La difficulté est alors de prendre en charge des objets lourds et/ou volumineux. Les lunettes connectées on cet avantage unique de permettre à l’opérateur d’œuvrer grâce à ses deux mains tout en étant guidé au bon endroit notamment grâce à des scenarios de réalité augmentée. Ils fourniraient à cet agent un parcours optimisé et des indications sur les quantités à prélever et à déposer. On pense alors qu’ainsi pourraient s’effectuer des opérations d’entrée/de sortie, d’inventaires, ou de contrôle qualité. Réduire les erreurs dans un cadre « zéro papier » pourrait même être envisagé.

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Sécurité assurée

Mais la question de la sécurité reste un élément fondamental dans ce contexte également. D’autant plus au vu des dimensions importantes par lesquelles certains de ces entrepôts se caractérisent. Comme l’indique Jérôme Libeskind, : “L’une des grandes tendances est de favoriser les entrepôts XXL, avec une volonté de regrouper des sites logistiques au sein d’un même bâtiment dans une logique de réduction des coûts et d’optimisation des flux”. Un robot de surveillance e-vigilant pourrait donc se révéler très pratique. Doté d’une caméra haute résolution rotative à 360°, ce robot pourrait enregistrer des donnes audio et vidéo en temps réel se baladant de façon autonome dans les locaux.

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Des opérateurs humains pourraient également en prendre le contrôle à distance en cas d’incident. Il pourrait alors déclencher une alarme sonore sur haut-parleurs. Ce robot représente une véritable solution de sécurité rentable, optimisant les affectations de vigiles. Tout ceci pour un entrepôt de demain ou cohabition et optimisation seraient assurées.

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Un commentaire

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  1. Très bon article sur la logistique et les objets connectés!

    Il est intéressant de voir l’évolution que va prendre ce secteur grâce aux nouvelles technologies. Il existe également la start-up française Scallog, qui est en train de robotiser les préparations de commandes grâce à des robots qui s’occupent de certaines tâches.

    Le défi sera de voir comment l’évolution va se mettre en place mais surtout comment faire cohabiter objets connectés et humains

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