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Navya dévoile Autonom Cab, un robot taxi autonome

Dans la soirée du 7 novembre 2017, la startup Navya a présenté son dernier véhicule autonome : un robot taxi nommé Autonom Cab. Des essais seront conduits à Las Vegas et à Paris avant une commercialisation prévue au troisième trimestre 2018.

Le véhicule dévoilé hier soir à la Cité du Cinéma à Saint Denis a été présenté en détail par le président de la startup Christophe Sapet et ses équipes. “C’est une révolution pour la mobilité en centre-ville, ce nouveau modèle est destiné à être le premier robot taxi à être commercialisé dans le monde” assure le fondateur de Navya.

Autonom Cab, le premier robot taxi français

Ce SUV électrique sans poste de conduite nommé Autonomous Cab accueille jusqu’à 6 passagers placés en vis à vis. Il dispose d’une porte coulissante sur le côté droit, roule à une vitesse moyenne de 50 km/h et au maximum à 90 km/h. Il est prévu pour s’insérer dans la circulation composée de véhicules classiques. Son autonomie est estimée à 10 heures de roulage maximum. La recharge de la batterie dure entre 5 et 9 heures suivant l’ampérage de la prise (32A ou 16A).

Pour assurer le bon fonctionnement du robot taxi, Navya l’équipe de nombreux capteurs : 7 Lidars au total, 4 radars, 6 caméras, 4 capteurs odométriques, 2 antennes GNSS, 1 centrale inertielle, le système de communication Vehicule to everythings ( pour communiquer avec les infrastructures urbaines) et un modem 4G/WiFi.

navya presentation

Pour s’équiper, l’entreprise basée à Villeurbanne a fait appel aux spécialistes des technologies autonomes : Nvidia, Valeo, Intempora et Velodyne. Il s’agit du “véhicule autonome le plus sophistiqué au monde” selon le président de la startup.

Il devra tout de même se soumettre à l’autorité du centre de supervision en cas de problème. Par exemple si la voiture située devant le Autonom Cab tombe en panne sur une route balisée d’une ligne blanche, le robot taxi demandera l’autorisation à un opérateur de franchir cette ligne qu’il respecte en condition normale.

Cette surenchère technique est mise au service des usagers d’un robot taxi équivalent d’un VTC sans chauffeur. Les usagers appelleront le véhicule depuis une application mobile sur laquelle ils choisiront leur trajet. Dans le Autonom Cab de Navya commandé en mode privatif, ils pourront écouter et composer leur propre playlist musicale, bénéficier d’une visite touristique, ou encore commander des billets de cinéma.

Ces services imaginés par Navya demandent la participation de collaborateurs. Focal s’occupe de l’acoustique du SUV de 4,65 mètres de long, l’entreprise belge Acapela est en charge des technologies de voix de synthèse, tandis qu’Ingenico travaille sur la solution d’achats connectés.

Navya présente sa feuille de route

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Navya ne se perd pas en conjecture. La feuille de route présentée le 7 novembre au soir est claire : Autonom Cab sera commercialisé dès 2018. Tout d’abord, les premiers essais auront lieu à Las Vegas lors du Consumer Electronic Show (CES 2018) début janvier. L’entreprise bénéficiera dans les prochains jours des autorisations de la ville de Paris, des ministères concernés et de la préfecture de la capitale pour effectuer des essais internes près d’Invalides, dans le 7e arrondissement en début d’année prochaine.

Elle poursuivra les expérimentations sur route dans différentes villes dans le monde entre avril, mai et juin 2018 avant de commercialiser les premiers Autonom Cab au troisième trimestre de l’année prochaine. “On parle de trimestres plus d’années” déclare Christophe Sapet à propos du déploiement des véhicules autonomes.

Pour ce faire, Navya compte sur l’aide de ses investisseurs et partenaires Keolis, Valeo et Royal Automobile Club of Western Australia (RAC), une assurance automobile australienne. Ce sont ces entreprises qui l’aideront à respecter ses engagements et à partager les coûts de fabrication. Chaque véhicule coûte entre 230 et 250 000 euros.

Il ne sera plus question d’écraser le champignon

navya cab

Si Navya compte suivre son plan à la lettre, l’entreprise est dépendante de la réglementation des pays. Pour l’instant en France, les véhicules sans chauffeur sont interdits de circulation sur route ouverte, les essais se font habituellement sur circuit comme l’indique la législation actuelle. Élisabeth Borne, la ministre chargée des Transports, qui croit à “une troisième révolution de la mobilité”, a déclaré lors de l’événement que la refonte de ce texte sera effectuée au cours de l’année prochaine.

Le soutien du ministre de la Cohésion des territoires Jacques Mézard prouve que le gouvernement est prêt à favoriser l’avènement de cette nouvelle ère de l’automobile. Une nouvelle ère synonyme de sécurité :

“C’est une révolution de la relation de l’homme et de la femme avec la voiture. Avec ces magnifiques véhicules, il ne sera plus question d’écraser le champignon. C’est un moyen nouveau de transport, un moyen de partage, et avec Élisabeth Borne et le gouvernement nous sommes très attachés à entrer dans ces nouvelles mobilités.”

Il faut dire que ce n’est pas le premier véhicule autonome mis sur le marché par Navya. Autonom Shuttle, sa navette de transport en commun autonome auparavant nommée Arma fait déjà l’objet d’expérimentations en France, aux États-Unis, à Singapour, en Australie, ou encore à Hong Kong. Navya possède 50 navettes en déploiement.

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Ces expériences bénéficient à Navya, tout comme sa proximité avec le spécialiste des transports en commun Keolis qui lui permettent d’obtenir plus facilement les autorisations nécessaires. Il lui reste cependant à passer l’étape de l’homologation. Le véhicule n’a pas encore subi de crash test et il lui manque une porte coulissante sur le côté gauche qui doit servir d’issue de secours.

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