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[Etude] Comment les objets connectés transformeront nos vies d’ici 2025 ?

Dans un futur proche, quels sont les leviers de croissance amorcés par l’adoption de modèles économiques centrés autour du Big Data et des objets connectés ? Quel pourrait être le bénéfice pour un pays comme la France en terme de pouvoir d’achat, de productivité, de temps et d’argent économisé ? Quels secteurs seraient dopés par la transformation digitale et l’automatisation de l’industrie et des services ? Et en matière de confort personnel, que gagne l’humain à développer des machines qui pourraient le remplacer ? Des questions auxquelles ont tenté de répondre dans une étude le cabinet de consultants A.T Kearney, en collaboration avec l’Institut Montaigne.

Chaque euro investi dans les objets connectés pourrait produire jusqu’à 6 euros de gain de productivité, de pouvoir d’achat et d’économies de temps monétisées.Etude A.T Kearney dans le cadre du rapport de l'Institut Montaigne.

Productivité, pouvoir d’achat et temps économisé : les promesses de l’IoT

Que sont les objets connectés et pourquoi ont-ils un si fort potentiel disruptif pour notre économie et notre industrie ? Selon l’étude : « Les objets connectés revêtent une réalité très large d’applications. Leur dénominateur commun réside dans leur composition : ils s’appuient tous sur des objets physiques déjà existants, reconçus pour y intégrer une couche d’intelligence (capteurs, actionneurs, microprocesseur et système d’exploitation), un module de connectivité aux réseaux et des services dans le « cloud » qui en étendent les fonctionnalités. »

 Les objets connectés, avant d’être des objets, sont donc aussi les composants qui permettent d’analyser leur milieu et créer de la donnée en temps réel à partir des informations captées. Grâce à la baisse des coûts unitaires de ces composants, leur miniaturisation et le développement d’interfaces intelligentes leur permettant de communiquer ensemble, on obtient non seulement de la donnée, mais également des réductions de coûts industriels, conséquence directe de l’automatisation des échanges.  Trois leviers de croissance sont alors stimulés :

1- L’augmentation de la productivité

Dans le secteur industriel, l’augmentation de la productivité induite par les objets connectés découlerait de l’exploitation des données fournies par ces objets et leur environnement. Grâce à l’automatisation des processus, la communication entre les machines (M2M), le contrôle à distance, on obtient une augmentation importante de la production par unité de coût, une économie d’énergie et de personnel. L’étude mentionne un gain de 30 à 64 milliards d’euros pour la France entre 2020 et 2025.

2- L’augmentation du pouvoir d’achat

Si on imagine la même schématique pour les particuliers, équipés à domicile de machines et objets permettant de réaliser des économies sur leur consommation d’énergie, mais également d’optimiser l’usage des produits du quotidien, bien matériels, denrées alimentaires, appareils high-tech et autres, l’usager réalise à lui seul des économies qui lui offrent un gain en terme de pouvoir d’achat. L’étude mentionne un gain de 24 à 42 milliards d’euros entre 2020 et 2025 pour les ménages français.

3- L’économie de temps et le gain en bien-être

Si l’on gagne en productivité, si les objets connectés offrent de nouvelles sources d’analyses et de surveillance pour le secteur médical, et si nous pouvons mieux anticiper les risques liés à l’humain (maladie, accidents dans le cadre privé ou professionnel, conduite automobile,…) nous pouvons réaliser des économies de temps en valeur économique directe ou en valeur sociale. En découle un bien-être qui rejaillit sur la productivité et dynamise le système économique en général.

Une des surprises de l’étude est le gain de temps potentiel pour les citoyens, à savoir plus de 10 jours par an à l’horizon 2025Etude A.T Kearney dans le cadre du rapport de l'Institut Montaigne.

Selon cette citation, on économisera donc 10 jours par an grâce aux objets connectés d’ici 2025. En détail, cela représente 8 jours en mois dans les travaux ménagers, 1,5 jours non perdus dans les embouteillages et quasiment un jour de maladie en moins.

Institut Montaigne

La fin des embouteillages

Dans ce monde 4.0 fantasmé, nous aurions de nombreux avantages à généraliser l’Internet des Objets pour tous les secteurs. Bien que les chiffres ne soient qu’une projection, basée sur le principe que nous ayons réellement démocratisé ces objets dans nos sociétés à grande échelle, les modèles proposés restent néanmoins intéressants à étudier. Nous avons passé le cap de ne voir en cette transformation qu’un reliquat de romans d’anticipation et force est de constater que les hypothèses, même farfelues, nous aident à trouver des modèles réellement innovants. Dans cette utopie est pointée du doigt la métamorphose de la mobilité.

Infographie objets connectés

Un constat : les embouteillages, c’est une perte de temps colossale chaque jour, chaque mois et chaque année, au moment du bilan. Environ 5,5 milliards d’euros seraient gaspillés dans les embouteillages chaque année (selon le Centre for Economics and Business Research pour INRIX). Surconsommation d’énergie, accidents graves de la route, blessures, décès… Nous aurions tout à gagner d’un envahissement du tout-connecté dans nos véhicules, afin de prévenir davantage de risques. Dans l’idée, cela signifie être conducteur dans un moyen de transport intelligent, qui peut détecter l’endormissement du conducteur, son taux d’alcoolémie, assister la conduite, communiquer avec les autres véhicules et cartographier le trafic… Nous pourrions envisager une réduction de 100% des embouteillages d’ici 2025 selon l’étude, grâce à l’embarcation de systèmes intelligents, voire au déploiement de véhicules autonomes. A terme, la voiture connectée sera synchronisée avec son environnement, prédira le trafic, et optimisera la consommation de carburant.

Le Big Data médical pour anticiper les maladies chroniques

Nous réaliserions selon l’Institut Montaigne et A.T Kearney des économies de l’ordre de 16 à 35 milliards d’euros entre 2020 et 2025 sur les dépenses de santé, grâce aux objets connectés.
La santé fait partie des secteurs sur lesquels l’industrie pharmaceutique, les établissements de santé et les professionnels de la santé dans le secteur privé ont les yeux rivés. En cause : la capacité des nouveaux outils connectés à simplifier le monitoring à domicile (tensiomètres connectés, piluliers connectés, glucomètres, …) et ainsi prévenir les maladies chroniques, anticiper sur une dégradation de l’état d’un patient et garantir une meilleure observance des traitements.

Selon une source de la Haute Autorité de Santé, datant de 2009, nous dépensons 66 milliards d’euros chaque année pour les affections longue durée. 10% de cette somme pourrait être économisée par un « meilleur monitoring des constantes et des parcours de soin« , (soit 6,6 milliards d’euros).  Une estimation qui est surtout basée sur de la modélisation que de l’estimation d’après recroisement chiffré. Toutefois, d’ici 2025, nous pouvons imaginer que le recours systématique au médecin généraliste sera moins fréquent lors d’un rhume ou d’une affection bégnine. Nous pourrions envisager l’envoi de constantes (pouls, température, taux d’oxygène dans le sang, …) grâce à nos objets connectés médicaux à des médecins spécialisés dans les datas médicales, et recevoir des prescriptions à distance. Des dispositifs qui pourraient peut être désengorger les salles d’attente pour les maux les moins importants mais ne dispenseront jamais du contact physique avec un médecin pour détecter des affections plus graves.

Ehealth

En conclusion, des études comme celle menée par le cabinet ATKearney et l’Institut Montaigne ne représentent pas de véritables projections économistes mais dressent un portrait modélisé de ce que pourrait être le futur dans une société dominée par l’Internet des Objets. De nombreux pays adoptent au plus vite de nouvelles normes pour ne pas rater le train en marche, mais il est indéniable que bien que prometteur, cet engouement pour un univers du tout-connecté montrera bien vite ses failles et méritera d’être encore très longuement étudié avant d’être pleinement apprivoisé. La simple perspective de rouler en voiture autonome et de pouvoir faire des sudokus sur le trajet du travail reste encore rangé dans la catégorie SF de notre imaginaire, bien que des modèles de véhicules soient déjà sortis des fourneaux.

Source : Etude A.T Kearney et rapport de l’Institut Montaigne

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