opportunités et limites internet des objets

Les opportunités et les défis de l’IoT expliqués aux dirigeants

L’Internet des Objets (IoT) est LE sujet du moment. Les objets équipés de capteurs changent les règles du jeu. En donnant aux systèmes d’information la capacité de détecter, de communiquer, de traiter et de croiser les données, ils rendent la production et la distribution plus performantes et boostent l’innovation.

Les médias créent un buzz autour de l’engouement pour les bracelets sportifs et la domotique, mais le vrai potentiel pour les entreprises est ailleurs. Les études de McKinsey Global Institute montrent que les performances opérationnelles et la plus grande pénétration du marché grâce à l’IoT vont créer une valeur immense dans beaucoup d’industries et changer les paradigmes courants. Ne laissez donc pas les arbres vous cacher la forêt. Avec les changements à venir, brutaux et radicaux, les dirigeants n’auront pas le droit à l’erreur. Analyse des opportunités et des défis de l’Internet des objets.

Les opportunités d’abord…

1. Créer de la valeur globale dans le B2B

Pour rendre l’IoT plus compréhensible pour le grand public, les médias s’enthousiasment à la sortie de différents “wearables” (trackers d’activité, montres connectées etc.) et d’équipements pour la maison connectée. Il est vrai que ces domaines portent en elles une valeur considérable : le marché mondial du wearable devrait « plus que doubler » en 2015. Cependant, il ne faut pas oublier l’essentiel : dans les dix prochaines années 70% de la valeur viendra des applications dans le B2B. Selon des experts, chaque année environ 11,1 milliards de dollars de valeur seraient créés, dont 5 milliards uniquement dans les domaines du B2B, tels que la production au sens large du terme, c’est-à-dire, dans la production manufacturière, l’agriculture et même les structures de santé, l’extraction des matières premières (mines, gaz, pétrole), la construction et enfin, dans les bureaux.


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Le potentiel de l’IoT est donc global, large. Les marchés émergents avec leur production manufacturière intensive seront les premiers à l’adopter. 38% de la valeur estimée mondiale sera probablement générée dans des économies en développement. Ces pays ayant moins de technologies héritées, leurs économies vont sauter des étapes. Quantitativement, le déploiement de l’IoT (usines, extraction, pétrole et gaz, construction) pourrait dépasser celui dans des économies post-industrielles.

2. Optimiser les opérations

L’investissement dans le hardware de l’IoT n’est qu’un point de départ dans la chaine de la création de la valeur. L’essentiel des gains de compétitivité se réalisera ailleurs : l’IoT fournira un flux constant de données essentielles dans la prise des décisions et qui permettront d’optimiser les opérations, l’organisation du travail et l’affectation du personnel.

In god we trust. Others must bring data

  • Ces données aideront à anticiper l’usure des équipements. Les coûts de maintenance et de remplacement seraient réduits de 40%, les temps d’arrêt planifiés  divisés par deux.
  • La gestion d’inventaire sera radicalement transformée : les caméras installées sur les lignes de production mesureront les quantités de composants restants et le système commandera automatiquement les quantités nécessaires.
  • L’utilisation les véhicules sans conducteur, par exemple dans les mines, promet d’augmenter la productivité de 25%. La réduction du nombre d’accidents de travail entrainerait les frais médicaux et les primes d’assurances à la baisse de 20%.

Les systèmes de l’IoT centraliseront toutes les données concernant le fonctionnement et l’utilisation réelle des équipements. Ces données seront alors plus précises que les informations recueillies auprès de consommateurs ou lors des études. Les industriels seront à même de comprendre quelles fonctions de leur produit sont plus ou moins fréquemment utilisées, afin d’en modifier le design pour les rendre plus fonctionnels. De plus, l’amélioration de la boucle itérative (par ex., la mise à jour en ligne des produits connectés) rendra l’ensemble  plus robuste et plus pertinent. Ainsi, au lieu de se déprécier, l’objet continuera à prendre de la valeur.

Actuellement la plupart des données générées par les capteurs IoT n’est pas exploitée. Habituellement sur un site de forage pétrolier, un domaine traditionnellement “early adopter”, 30 000 détecteurs sont installés. Seul 1% des données sont exploitées, pourtant ces données sont une source de valeur supplémentaire importante.

3. Créer des modèles économiques innovants

L’IoT peut amener à la création de nouveaux modèles économiques qui changeraient la donne dans divers secteurs d’industrie. À titre d’exemple, l’utilisation de la connectivité et des données IoT peut transformer la vente des biens d’équipements industriels en un service.

Les fabricants de moteurs d’avion ont été les premiers à passer de la vente des équipements physiques à la vente de la poussée et des services auxiliaires. Maintenant ces modèles se propagent vers d’autres secteurs industriels. Les services, apparus dans le transport grâce aux applications et à la géolocalisation, perturbent les ventes de voitures et la distribution traditionnelle. Les fabricants d’imprimantes laser, dotées de capacités IoT, deviennent fournisseurs de services.

Les voies de la création de nouveaux modèles économiques sont multiples. Premièrement, savoir quand et comment les équipements sont utilisés permet aux manufacturiers d’optimiser et monétiser une nouvelle utilisation-consommation. Deuxièmement, l’ensemble de données obtenues grâce à tous ces objets aide le fournisseur à gagner en performance dans la gestion et l’usage de ses équipements. Par exemple, l’analyse des données de l’IoT aiderait à améliorer les prévisions de maintenance, à réduire les temps d’arrêt et à anticiper les pics d’utilisation.

If I had asked my customers what they wanted...

Ce changement de modèle économique incitera les entreprises à renforcer leur offre de services. Le développement de produit se transforme en développement de service, où la valeur est co-créée avec le client. Il ne suffira pas de se concentrer sur les caractéristiques de produit pour lesquelles les clients payeront le plus. Il sera vital de comprendre quels résultats sont attendus par les clients pour formuler l’offre  la plus efficace.

. . . mais les défis demeurent

Comme c’est le cas avec tous les chamboulements technologiques, réaliser le potentiel de l’IoT demandera beaucoup de sagesse managériale, non seulement en termes d’impératifs techniques, mais aussi de l’organisation.

4. Repenser l’organisation

Les technologies d’information infiltrent peu à peu toutes les branches d’activité, depuis les outils de production et les actifs jusqu’à l’inventaire et les opérations. L’IT deviendra la clé de voûte de l’entreprise, car l’internet des objets exigera que l’IT assume un rôle qui va au-delà des ordinateurs, réseaux, appareils mobiles et centres de traitement de données.

You can have data without information, but you cannot have information without data

Dans le retail, par exemple, la plus grande valeur reste à trouver. Les ventes peuvent être réalisées grâce aux offres promotionnelles personnalisées envoyées aux consommateurs en temps réel. Une intégration sophistiquée de données provenant de multiples sources sera nécessaire : la géolocalisation du client grâce aux capteurs dans le bâtiment, des données CRM, y compris l’historique de recherches sur internet, et des données provenant des étiquettes des articles exposés dans la boutique. Le consommateur serait invité à emprunter tel ou tel linéaire pour recevoir sur son portable un coupon lui permettant d’acheter moins cher un produit visionné plus tôt sur le net. Pour atteindre cet objectif incontournable, les opérationnels et les équipes IT, qui jusqu’ici ont fonctionné indépendamment, devront coopérer étroitement.

De plus, les services financier, marketing et opérationnel, ainsi que leurs directions, devront faire converger leurs compétences et leurs systèmes. Il faudra former les employés à d’autres compétences pour faire gagner l’organisation entière en rigueur analytique et l’orienter davantage sur les données. Les analystes et les data scientists devront être intégrés avec les gestionnaires et les décisionnaires pour maximiser la prise en compte des données. Dans certains cas les décisions seront prises automatiquement par des algorithmes, les managers étant chargés de surveiller les métriques et de définir la stratégie.

5. Dépasser les barrières d’interopérabilité et d’analyse

L’interopérabilité sera la condition sine qua non des stratégies utilisant  l’IoT de façon efficace. Selon McKinsey, environ 40% de la valeur potentielle proviendra de la communication entre les différents systèmes de l’IoT et de l’intégration des données. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Par exemple, sur les plateformes pétrolières, certains équipements, tels que pompes, sont équipés de capteurs, certes, connectés, mais limités dans leur connexion : ils communiquent individuellement avec leurs manufacturiers, qui surveillent et contrôlent les installations et peuvent optimiser la maintenance et la performance de chaque équipement, mais SÉPARÉMENT. Cependant, si les données de ces multiples composants et systèmes étaient combinées, les exploitants seraient capables d’identifier plus de la moitié des problèmes quotidiens de performance.

Mécanisme de montre suisse

De gros acteurs auront assez d’influence sur le marché pour forcer cette interopérabilité. Cela poussera ces mêmes fournisseurs à choisir des standards communs qui in fine vont accélérer leur adoption. Dans d’autres cas, l’interopérabilité passera par des plateformes capables d’intégrer les données de plusieurs systèmes, ce qui va créer de nouvelles opportunités pour les entreprises de logiciels spécialisées.

Cependant, réunir les données provenant des systèmes d’information différents ne suffira pas et les sociétés utilisant le big data l’ont déjà démontré. Dans un monde utilisant l’IoT pour prévoir et optimiser, les entreprises devront faire face aux défis de l’analyse. Elles devront développer ou acheter pour ensuite adapter et déployer des logiciels analytiques capables d’extraire des analyses exploitables à partir des flux massifs de données générés par l’IoT. Et dans beaucoup de cas, les algorithmes embarqués dans ces logiciels devront analyser les flux de données en temps réel, ce que la plupart des instruments analytiques traditionnels ne font pas. Voici encore une opportunité pour des développeurs innovants.

6. Répondre aux impératifs de sécurité

La perspective de mettre en place l’IoT devrait encore plus sensibiliser les dirigeants au sujet de la cybersécurité. Du moment où une entité se connecte aux millions de capteurs, détecteurs et autres objets connectés, il ne s’agira pas seulement de risques habituellement associés à l’utilisation massive de données, mais aussi de risques systémiques. Chacun des objets connectés au système devient un point d’entrée potentiel pour les hackers. Les dégâts peuvent être dévastateurs, jusqu’à devenir une question de vie ou de mort s’il s’agit de système de contrôle d’un hôpital ou de transports publics. Cette même interopérabilité qui constitue, d’un côté, une source d’efficacité et de performance pour une entreprise, la rend, de l’autre côté, vulnérable aux risques de cyber-attaques. En parallèle, l’interconnexion entre les entreprises et les consommateurs devient une menace pour l’intégrité des réseaux d’entreprises.

A chain is only as strong as its weakest link

Certes, il faudra bien choisir ses fournisseurs. Par ailleurs, se préparer au changement révolutionnaire de la connectivité distribuée  exige  une nouvelle approche stratégique, appelée parfois « résilience digitale ». Autrement dit, les entreprises devront d’intégrer les méthodes de protection des données sensibles dans leurs architectures technologiques, dans leur process d’innovation de modèle économique et dans leur interaction avec les clients. Il faudra commencer par une évaluation de risques dans leur ensemble et la création d’un vaste système de défense, plus difficile à frauder. Au vu de l’importance des risques et de la nature transversale des solutions, ainsi que de leur coût, le progrès nécessitera l’intervention du top management.

Très vite l’IoT deviendra un facteur de différenciation dans la compétition. Le top management et les membres de conseil de surveillance devront adopter une approche systématique pour faire face aux défis organisationnels et aux risques, qui accompagneront l’expansion digitale. Ce sera le seul moyen de capter la totalité des bénéfices promis par l’Internet des objets.

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