in ,

La pyramide Maslow appliquée aux objets connectés

robot et femme

Dans son récent article « The Hierarchy of IoT “Thing” Needs » Jim Hunter suggère que l’on devrait considérer ces objets comme on le fait avec les humains. Il ne s’agit pas de leur donner le droit de vote et de leur faire payer des impôts, mais de les traiter comme des employés qui seraient recrutés pour exécuter des tâches bien précises. Il faut « humaniser » notre vision des objets connectés, dit-il.

robots in love (2)

Pour appuyer son point de vue il propose d’utiliser la pyramide Maslow et de la transposer aux objets connectés. Auraient-ils les besoins physiologiques, les besoins de sécurité, les besoins d’appartenance et d’amour, les besoins d’estime et le besoin d’accomplissement de soi ? Ces besoins, seraient-ils hiérarchisés et continuellement présents ? Lorsqu’un besoin précédent n’est plus satisfait, redeviendrait-il prioritaire et nécessaire pour accéder au niveau supérieur ?

Besoins d’existence, de communication et de croissance

Pour éviter toute critique de diabolisation, Hunter donne sa définition des objets : ce sont des machines, solides et fonctionnelles, qui nous procurent de la lumière, de la chaleur, du confort et sécurité, en d’autres termes, qui nous aident à nous sentir mieux au quotidien. Cependant, avant d’être utiles, ils doivent tout simplement exister, autrement dit avoir un corps, l’alimentation, les mécanismes de connexion et de transmission. Ainsi, la « physiologie » des objets constitue le premier niveau de leur pyramide des besoins. Puisqu’il s’agit d’un objet connecté, sa capacité d’interaction avec l’environnement sera déterminante, que ce soit un capteur créé pour observer des glaciers arctiques ou un bracelet-tracker qui devra résister aux chocs, à la sueur et aux changements de la température du corps.

pcloud
Pyramide Maslow objets connectés et IoT
Pyramide Maslow appliquée aux objets connectés

 

La sécurité constitue le deuxième niveau. La sécurité est fondamentale dans l’adoption des objets connectés. Sont aussi concernés les objets qui peuvent se retrouver la cible des actes de malveillance ou de vandalisme (manque de sécurité physique de l’appareil), car cela mettrait en danger les données recueillies.

Une fois que la protection de l’objet est sécurisée, on peut passer au troisième niveau de la pyramide, celui des besoins de communication. Nous avons déjà retenu les besoins en connectique comme faisant partie de ces besoins physiques, mais au troisième niveau il s’agit d’un besoin d’expression de soi, directement dépendant de l’interface et du networking, du protocole et de la « langue » que l’objet va utiliser pour intégrer la communauté d’autres objets communicants. On parle aussi d’interopérabilité.

Le niveau suivant appartient au data : vous devez décider comment l’objet exploitera les données  collectées, comment il procédera au log et au diagnostic, quelles transactions seront exécutées, à quoi serviront les données et comment l’objet exprimera les résultats de son activité. Le traitement adéquat des données issues des capteurs devient l’enjeu essentiel caché derrière les objets connectés.

Au plus haut niveau de la pyramide on trouvera les besoins « intelligents », équivalents au besoin de l’accomplissement de soi chez Maslow. C’est ici que les besoins de l’objet deviennent l’expression non plus d’un capteur isolé ou d’une passerelle informatique, mais de toutes ces fonctionnalités qui ensemble forment l’objet utilisable dans l’Internet des objets. Est-ce que cela contribue à la logique de l’analyse et de l’expression de l’objet ? Est-ce que l’objet fait preuve d’un comportement prévisible acquis par apprentissage ? Est-ce qu’il est évolutif, capable de se configurer et de fonctionner sans intervention humaine ? Il ne s’agit pas de faire passer à l’objet le test de Turing, mais c’est bien dans ce domaine qu’il dévoilera sa vraie nature.

Du data vers l’information

Il est intéressant de noter dans cette construction que même si le périmètre prévu au début était celui d’un objet seul, il n’est pas limité par ce seul objet. Un peu comme plusieurs personnes peuvent former des comités et des organisations, qui à leur tour deviennent des entités individuelles, des objets en se combinant à d’autres objets deviennent des groupes et des réseaux d’objets, qui sont considérés comme supérieurs et plus complexes. Ces objets combinés auront leurs propres besoins qui pourront à leur tour être décrits par la pyramide : on passe du micro vers le macro et le data devient information.

cloud puzzle (500x375)

Cette nouvelle vision permettrait à l’homme d’identifier des paradigmes utilisables dans la création de l’architecture de l’objet et des modèles d’interaction entre plusieurs objets. Par exemple, dans cette perspective, à la question « Qu’est-ce qu’il faut prendre en considération quand on achète un objet connecté ? » on répondrait « La même chose que l’on prend en compte quand on embauche un nouvel employé ». La fiabilité et la capacité de travailler avec les autres sont un bon point de départ.

IoT, la révolution technologique du XXI siècle ?

Pour nuancer l’idée de Hunter, on peut dire que la pyramide Maslow appliquée aux objets (connectés) ne les rend pas « humains » ou « humanoïdes », mais nous permet de les appréhender autrement. Il s’agit d’une forme d’architecture qui correspond à une logique d’évolution de l’objet, qu’il soit connecté ou non. Puisque les objets sont créés par l’homme, la logique humaine détermine le vecteur de l’évolution de l’objet, étape par étape. Quand il s’agit des objets liés à Internet, tout sans exception, tôt ou tard, sera exploité. Pour cela tout doit être pensé, codé, crypté et authentifié. La pyramide proposée peut aider à anticiper même l’imprévisible.

L’évolution hiérarchisée d’une étape vers l’autre rappelle également les cycles longs de l’industrie dont la physionomie est totalement bouleversée à la fin de ces cycles. Ils durent plusieurs dizaines d’années et sont liés à l’émergence, l’expansion, puis le recul d’un groupe de technologies majeures (le charbon, la vapeur et le chemin de fer, l’électricité et l’automobile, l’électrique, etc.). Assiste-t-on à l’émergence d’un nouveau cycle, celui de l’Internet des objets, qui bouleversera notre vie ? Sera-t-il long ? Est-ce qu’à la fin du cycle l’objet sera capable de lire cet article et de rémunérer son auteur ?

revolutions technologiques2

source

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *