Thales acquiert Gemalto afin de devenir leader dans la cybersécurité

Retournement de situation autour du rachat de Gemalto. C’est finalement Thales qui acquiert le spécialiste de la carte à puce pour 4,8 milliards d’euros afin de devenir leader dans la sécurité numérique.

En début de semaine dernière, Atos avait lancé une OPA afin d’acquérir Gemalto, le spécialiste de la cybersécurité et des cartes à puce. L’offre effectuée par Thierry Breton consistait à racheter le groupe basé à Amsterdam pour 4,3 milliards d’euros par action, soit 46 euros par action. La place boursière avait rapidement apprécié cette perspective et le cours de l’action s’était rapidement rapproché de ce montant. Or, les dirigeants de Gemalto ont refusé cette proposition le 14 décembre dernier, soit un jour avant la fin de l’OPA. Selon eux, l’offre sous-estimait “de manière significative” la valeur de l’entreprise.

Thales devance Atos au jeu de l’offre alléchante : 4,8 milliards d’euros

C’est finalement Thales, le célèbre groupe français spécialisé dans l’aéronautique, les transports terrestres et la sécurité qui a remporté le gros lot. Gemalto a diffusé ce dimanche 17 décembre un communiqué de presse confirmant l’information. Thales a bien racheté l’entreprise dans une mauvaise passe pour 51 euros par action. Au total, cela correspond à un montant de 4,8 milliards d’euros. De son côté, Atos a confirmé qu’elle ne renchérirait pas, laissant la place au groupe basé à la Défense.

Le plan de restructuration maintenu

Si les membres du conseil d’administration de Gemalto apprécient cette nouvelle alliance pour créer “un leader mondial” de la sécurité numérique, les salariés sont inquiets. Contrairement à Atos, prêt à faire une croix sur le plan de restructuration visant 10 % de la masse salariale de Gemalto, soit 288 employés, Thales laissera faire la direction du spécialiste de la carte à puce. Considéré comme nécessaire par Philippe Vallée, directeur général de Gemalto au micro de BFM Business, il vise les employés de la division Carte SIM dont l’activité a fortement baissé. En revanche Thales a précisé qu’aucune suppression de postes supplémentaires n’était prévue jusqu’à la fin de l’année 2019.

L’association des deux spécialistes de la cybersécurité ne conduit pas à une suppression de la marque Gemalto. Le groupe devient une Business Unit de Thales et participera à l’effort de conquête du marché mondial de la sécurité. Les deux secteurs privilégiés sont, sans aucune surprise, l’identification, notamment au sein des aéroports et l’Internet des Objets qui prend place au sein des usines connectées, des véhicules et des logements.

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