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La Chine à la conquête de l’internet des objets

Centre de services Xiaomi à Pékin
Centre de services Xiaomi à Pékin

L’internet des objets occupe une place d’honneur dans le plan quinquennal adopté en octobre par le gouvernement chinois. Il a vocation à relier l’infrastructure et la production manufacturière, ainsi qu’à encourager l’entreprenariat et l’innovation.

L’internet des objets, ou « Internet+ » selon la formule chinoise, ce sont de multiples réseaux, reliant le monde physique des objets de la vie courante au monde virtuel des ordinateurs grâce aux capteurs infrarouges, l’identification par des fréquences radio et autres technologies M2M. Si on parle de son usage domestique, les smartphones y jouent un rôle essentiel dans la mesure où ils servent d’interface universelle pour gérer ces réseaux.

Volonté politique

La tendance se confirme : la Chine veut être en première ligne des transformations technologiques. Cela peut paraitre surprenant dans le contexte de la censure de l’internet, mais l’immense base utilisateurs et la position du pays dans la production hardware et software constituent une force qu’il serait difficile de contourner.

Dès 2010 à Shanghai s’établissait le Centre national pour l’IoT. En 2012 le gouvernement identifiait huit industries prioritaires pour les projets pilotes. En 2013 le Ministère du logement et de la construction urbaine et rurale a sélectionné 193 zones de développement économique où seront déployés les projets pilotes de la « ville intelligente ». Pour les financer, plus de 24 milliards de dollars ont déjà été débloqués en 2 ans, selon le cabinet IDC.

La Silicon Valley chinoise

Zhongguancun, le quartier technologique au nord-ouest de Pékin.
Zhongguancun, le quartier technologique au nord-ouest de Pékin.

Le secteur privé chinois a rapidement manifesté son intérêt pour ce relais de croissance en pleine expansion. Zhongguanchun, la Silicon Valley chinoise dans le nord-ouest de Pékin, accueille aujourd’hui plus de 12 000 entreprises hi-tech, parmi lesquelles Lenovo et Xiaomi.

Depuis mars 2015 Huawei, le fournisseur de solutions de technologie de l’information et de la communication, propose des services complets de cloud aux entreprises, de connectivité pour les bus et les trains, de gestion à distance de l’énergie. L’entreprise a également lancé une plateforme IoT open source, gratuite pour les développeurs, qui permet de connecter aux réseaux IoT plusieurs objets, tels que des wearables, des voitures intelligentes et la domotique. Le fabricant des smartphones Xiaomi a racheté plus de 20 start-ups technologiques et a lancé plusieurs objets connectés destinés aux particuliers, tels que des tensiomètres, filtres à air, caméras de surveillances, balances, rallonges électriques et ampoules. D’autres entreprises, qui ont traditionnellement fabriqué du hardware, se repositionnent sur l’IoT et le développement des logiciels. Leur attention porte sur le « smart living », qui commence par la connexion des équipements basiques, tels que la lumière, la climatisation, les caméras de vidéosurveillance, les détecteurs de fumée et capteurs de mouvement, en une seule plateforme. Celle-ci assure le contrôle et la surveillance de ces objets connectés et son interfaçage depuis un smartphone.

Si, à ce jour, on estime le nombre d’objets connectés à 25 milliards, il y en aurait 50 milliards dans cinq ans, soit 6 fois plus que la population connectée du pays. En se basant sur les politiques actuelles et les tendances d’investissement, Accenture estime que d’ici le 2030, grâce à l’IoT, le PIB chinois pourrait gagner environ 500 milliards de dollars.

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