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Un essaim de drones testé avec succès dans une forêt surpeuplé

essaim de drones

Des scientifiques de l’Université chinoise de Zheijiang viennent de dévoiler à travers une vidéo publiée sur YouTube, un essaim de drones bleu vif de la taille d’une paume de main capable de naviguer dans une dense forêt de bambous. Ils volent côte à côte, passent entre les tiges de bambou et évitent tous les obstacles (arbres, talus, etc.). Et cela, en toute autonomie, de manière coordonnée et sans guidage humain. Plus impressionnant encore : sur un terrain qu’ils découvrent en temps réel. 

Comme le confient les scientifiques de Zhejiang dirigée par Xin Zhou dans leur article publié dans la revue Science Robotics, cette expérience s’inspire de scènes de science fiction. Tels que Star Wars, Prometheus ou encore Blade Runner 2049. Avec ces essaims de drones « Nous faisons un pas vers un tel futur », écrivent les auteurs de ces travaux.

Une première mondiale

Des tests avec un essaim de drone ont déjà été réalisés par le passé. En revanche, c’était toujours dans des environnements dégagés et sans obstacles. Ou encore avec des positions d’obstacles préalablement définies. Comme l’explique Enrica Soria de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne. “C’est la première fois qu’un essaim de drones réussit un vol en extérieur, en pleine nature et dans un environnement non-structuré”. « L’expérience est tout simplement impressionnante » a-t-elle déclaré.

De plus, dans la majorité des cas, les drones sont gérés par un ordinateur central. Celui-ci va contrôler leur trajectoire, envoyer des instructions et procéder à des vérifications de la zone. Et c’est là toute la différence.

En effet, dans cette expérience, l’essaim de drones peut gérer ses tâches de manière totalement autonome. Ici, les 10 petits drones sont capables de déterminer seuls leur environnement, le cartographier et planifier leur trajectoire. Bien sûr, pour parvenir à faire évoluer un essaim de drône dans une forêt remplie d’obstacles et sans programmer des données au préalable, il a fallu développer un autre type d’intelligence.

Ainsi, chaque drône embarque une myriade de capteurs qui traitent individuellement et partagent en temps réel les données collectées aux autres drones. On retrouve notamment des caméras de profondeur, des capteurs d’altitude et un ordinateur de bord.  Ensemble, ces technologies permettent à l’essaim de drones de faire une évaluation instantanée de leur position. Mais, le plus impressionnant, c’est l’algorithme embarqué dans chaque robot volant qui leur permet de maintenir une certaine distance de sécurité entre eux. Ceci afin d’éviter toute collision et garantir l’efficacité du vol ainsi qu’une coordination parfaite.

Essaim de drones : pour quelles applications ?

Sur papier, on peut utiliser cet essaim de drones dans un large panel d’applications dans le monde réel. En l’occurrence, comme cet essaim de drones ne s’appuient sur aucune infrastructure extérieure telle que le GPS, il pourrait trouver une application très intéressante lors de catastrophes naturelles.

Certes, il est possible d’utiliser des drones individuels dans de ce type de scénarios. En revanche, ces derniers ont des temps d’autonomie de vol très limités. Ainsi, envoyer un essaim de drones se révèle bien plus efficace et permet de réaliser des gains de temps considérables.

L’essaim de drones trouve également une application intéressante dans le transport d’objets lourds ne pouvant être soulevés par un engin seul.

Bien sûr, la technologie doit encore s’améliorer afin que les drones autonomes puissent s’adapter au mieux à de nouveaux environnements. Et cela, sans s’écraser les uns sur les autres ou sans entrer dans des objets afin d’assurer la sécurité publique. Plus particulièrement dans les environnements ultra-dynamiques où se bousculent véhicules et passants.

Autre défi : les applications militaires.

En effet, à l’heure où les recherches militaires ne sont pas partagées avec le grand public et que le Pentagone montre un grand intérêt pour les essaims qu’il teste également de son côté. On se pose la question si les algorithmes développés par les scientifiques de Zhejiang pourraient un jour se retrouver entre les mains de l’armée.

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