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Genius Objects et sa fermeture connectée très prévenante

Genius Objects est un jeune acteur bordelais du textile connecté qui souhaite rapidement prendre une place de choix sur ce marché avec Zip and Go, une fermeture connectée qui alerte son utilisateur.

Le textile connecté est l’un des marchés les plus émergents de l’Internet des Objets. Certaines grandes marques comme Eram, Nike ou Levi’s commercialisent les premiers produits de ce type en quantité limitée. Ce sont des supports de communication et des essais technologiques, mais ils ne correspondent pas à l’industrialisation du textile connecté. La startup bordelaise Genius Objects veut aller plus loin dans ce domaine.

Après 1 an de recherche cette société a été fondée au début de l’année 2016 par Alexandre Faucher, ancien développeur pour Microsoft, plus particulièrement sur le service de messagerie MSN, et Philippe Tourrette, directeur de son propre son propre fond d’investissement (Tourrette Investissements) monté à la suite de la revente de son entreprise Ioltech (spécialisée dans les technologies ophtalmiques) à l’allemand Zeiss.

Genius Objects conçoit de l’électronique embarquée dans des produits textiles. Plus précisément, il s’agit de connecter les fermetures textiles. En effet, ce dispositif est présent sur une large palette de vêtements, de sacs, de housses, et bien d’autres. Mais quelle valeur ajoutée tirer de la connexion d’un élément aussi répandu ?

Un CEO qui veut aider les têtes en l’air

Alexandre Faucher, CEO de Genius Objects explique : “ Je suis un peu tête en l’air. Je perds environ une fois par un an un objet de valeur, la dernière fois c’était un MacBook dans une sacoche rangée à l’arrière de la poussette de mon enfant. Avec Philippe Tourrette, nous nous sommes posé la question : comment peut-on dans un monde d’opulence technologique perdre des objets de valeur de cette manière ?

Dans l’objectif d’aider des personnes sujettes aux mêmes problèmes, les deux fondateurs ont exploré les possibilités et se sont rendu compte de l’omniprésence de la fermeture zip dans notre quotidien. “Il s’en vend 14 milliards d’unités par an dans le monde, c’est donc un produit auquel les utilisateurs sont habitués” affirme Alexandre Faucher.

Ils ont donc décidé de transformer ce mouvement de bas en haut ou de haut en bas en signal électrique afin “d’alerter, informer, déclencher une action. C’est comme cela qu’est née l’idée de travailler sur Zip and Go”, déclare le CEO de Genius Objects.

Zip and Go, la fermeture qui vous alerte

genius objects carte

Zip and Go est un capteur passif. Au passage du curseur, un mouvement est détecté afin de déterminer si la fermeture est ouverte ou fermée. Il s’agit d’un interrupteur qui est relié à une carte électronique embarquant un logiciel qui envoie le signal à une application smartphone connectée en Bluetooth Low Energy. Son autonomie atteint entre 7 et 12 mois suivant son utilisation.

Genius Objects imagine plusieurs cas d’usage. Le premier consiste à proposer des partenariats avec des marques de vêtements grands publics et de maroquinerie afin d’être alerté de l’éloignement de son sac, de sa veste et de son contenu. Ce scénario, la startup l’a déjà mis en place en collaboration avec la marque Tintamar qui conçoit une gamme de sacs nommée Smart Zip. L’utilisateur établit sur l’application des zones de confiances dans lesquelles il ne recevra pas de notifications. Pratique, si on ne veut pas que son smartphone vibre régulièrement une fois à son domicile. Dans d’autres lieux, il peut être alerté dans un rayon de 15 mètres, faire sonner son sac ou recevoir sa dernière position quand il est hors de portée du téléphone.

tintamar genius objects

Le deuxième cas d’usage exploré par Genius Objects concerne les activités professionnelles. La startup veut s’adresser aux entreprises de la route dont les salariés sont exposés à des conditions de travail dangereuses. Dans ce cadre, le zip connecté est cousu aux vêtements de sécurité. A la fermeture de son gilet jaune, le technicien au bord de l’autoroute enclenche l’éclairage sur sa veste. Le poste de contrôle reçoit quant à lui sa position localisée sur une carte du réseau routier. Ici, la fermeture connectée ne protège plus des objets, mais des vies.

Genius objects cherche à travailler avec les grand noms de la maroquinerie, entre autres

De par son intégration dans des pièces textiles, Zip and go n’est pas un produit qui s’adresse directement aux particuliers. “Nous avons une approche B2B et B2B2C” rappelle Alexandre Faucher. “L’idée c’est d’accompagner des grandes marques quelque soit leurs univers et de les accompagner dans ce monde des objets connectés avec une proposition de guichet unique”, assure-t-il. Par exemple, Genius Objects veut s’adresser aux grandes marques de bagage sur le sujet de la sécurisation des effets personnels. Pour d’autres comme des spécialistes du vêtement professionnel, l’approche sera différente. “Nous souhaitons personnaliser l’expérience utilisateur suivant la marque”, explique le CEO.

Contrairement à d’autres startups pour qui le système commercial de marque blanche est idéal, Genius Objects préfère se placer en co-marquage. Cela permet d’apporter une belle visibilité quand son entreprise est associée à une grande marque et surtout d’assurer la maintenance, le service après-vente des dispositifs. En effet, les deux fondateurs et leur équipe ont breveté le système Zip and Go à l’international.

A l’avenir, la startup compte développer d’autres partenariats de co-marquage avec des marques de luxe de la maroquinerie et pourquoi ne pas proposer ses services aux fabricants de tentes, ainsi que d’explorer les autres technologies du textile connecté.

questions genius objects

La clé du succès pour nous, c’est de faire travailler des profils assez différents. Un designer, un électronicien, un développeur et investisseur sont réunis ensemble autour de la table et peuvent faire émerger les bonnes idées et les développer.

genius objects

Techniquement, la connectique entre le ruban zip et la carte électronique. Le textile et l’embarqué, ce sont deux mondes opposés. Autre contrainte, il faut pouvoir laver les textiles sans endommager la balise. Nous sommes entrain de travailler sur cet aspect, nous sommes proches de la solution.

Maîtriser la technologie en interne. Il y a des formidables sous-traitants, mais comprendre ce domaine en interne permet de conserver la mainmise sur son projet.

L’étape clé reste le passage du prototype à la production. La prochaine étape consiste au déploiement à large échelle.

Nous avons la chance de bénéficier de fonds propre de par le statut de Philippe Tourrette. C’est un confort pour adapter une stratégie produit, usage qui nous convient.

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