Mais pourquoi donc Nokia rachète Withings ?

Nokia a annoncé le rachat de Withings le 26 avril dernier pour 170 millions d’euros. A priori, les deux sociétés n’ont rien à voir ensemble. Alors pourquoi cette association ? Explications. 

Nokia, équipementier émérite, ancien leader de la téléphonie mobile, semblait à l’agonie, incapable de produire des smartphones et des objets séduisants pour le public. Tout comme Blackberry, l’entreprise s’est principalement recentré sur ses activités BtoB liées à l’infrastructure réseau et les logiciels correspondants. Mais voilà, après l’acquisition d’Alcatel-Lucent, le groupe finlandais s’intéresse de très près à l’IoT.

Le réseau, le Cloud, les objets et une startup ?

nokia withings association

Tout d’abord sur son terrain de prédilection actuelle, le réseau. L’équipementier Nokia a présenté lors du Mobile World Congress de Barcelone des solutions de connexion IoT axées sur le WiFi et la 5G en mettant l’accent sur des cas d’usages basé sur l’analyse de données en temps réel grâce à sa plateforme Cloud IoT.

Découvrez notre lead marketplace I.T

Cette stratégie liée aux tuyaux, aux infrastructures nécessaires pour l’IoT est parfaitement logique pour un groupe de la taille de Nokia. Alors, pourquoi racheter Withings, champion français des objets connectés, un tout autre secteur d’activité ? Cette entreprise comptant près de 200 employés s’est fait une place de roi dans le domaine des trackers d’activité, des balances connectées, des montres, et des caméras domotique.

En partant du  pèse personne intelligent, la startup s’est fait une place dans la santé connectée. En 2013, elle réalise 90 % de son chiffre d’affaires à l’international, principalement aux États-Unis.

Un profil de leader qui intéresse forcément les grands groupes, mais qui ne présumait rien d’un rachat par Nokia. Bertrand Duplat, cofondateur de la ceinture connectée Belty considère comme beaucoup le montant du rachat « assez faible », 170 millions d’euros. « J’imaginais plutôt un rachat proche du milliard d’euros » avoue le cofondateur d’Emiota. Sur Twitter, Matthias Bardon auditeur à la Caisse des Dépôts se dit « triste » du rachat d’un emblème de la French Tech par une société étrangère qui ne grandira pas en indépendance.

Une raison pour Nokia : la e-santé séduit les professionnels

nokia withings pro

Avec le rachat de Withings, ce n’est pas seulement l’un des pionniers français des objets connectés que Nokia acquiert. Le finlandais annonce l’ouverture d’une nouvelle branche e-santé. Une division à la frontière entre la santé et le bien-être, nommé « well-care ». Dans un entretien à ITespresso, Ramzi Haidamus, président de Nokia Technologies assure que la stratégie de l’entreprise est bien rôdé. Cette division a été créée il y a un an et demi, elle arrive à son point d’orgue avec une croissance de 38 % par an annoncé par les cabinets d’étude. 

Lors du MWC de Barcelone, l’entreprise avait présenté des cas d’usage de sa plateforme IoT en lien avec l’assurance et la santé, sans avancer de stratégie BtoC. Il faut croire que la branche avait besoin d’un connaisseur pour prendre son essor. C’est sûrement pour cela que Cédric Hutchings, directeur général de Withings est nommé à la tête de cette entité.

Ainsi, le finlandais ajoute à son portfolio un champion, une startup de grande taille, qui lui fournit une expertise et un poids commercial. Ce partenariat a aussi une dimension BtoB. Withings dispose en effet d’une plateforme à destination des professionnels pour mesurer l’effort des employés et leurs investissements au travail.

Ce n’est pas une première pour Nokia. La firme explore également les marchés BtoB de la réalité virtuelle. Si la caméra à 360 degrés Ozo est impressionnante, son prix de 60 000 dollars la réserve aux professionnels du cinéma, aux réalisateurs de contenus haute qualité.

Après la chute vertigineuse de la marque de smartphone, la méfiance envers les produits grands publics reste de mise. Cela coûte cher de séduire les consommateurs. La demande dans le monde professionnel se fait en revanche sentir, que ce soit en usine ou dans le milieu hospitalier. Reste à savoir si ce choix sera payant pour Withings et ses dirigeants.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *