La parole de l'expert Olivier Ezratty

[Olivier Ezratty] Que peut-on attendre du CES 2016 ?

Nouveau rendez-vous mensuel d’objetconnecte.com, Olivier Ezratty a accepté de répondre à un sujet passionnant de l’IoT et des objets connectés tous les mois. Une occasion d’en apprendre plus avec un expert du secteur.

Opinions libres, le blog de partage et d’information

Olivier Ezratty
Olivier Ezratty

Olivier Ezratty a travaillé pendant 30 ans dans la R&D, le marketing et le business développement dans les industries High Tech, dont une filiale de Dassault et Microsoft. Depuis 2005, il est consultant pour les startups et les entreprises dans la veille technologique et les stratégies produits.

Aujourd’hui, Olivier Ezratty est reconnu comme spécialiste en matière d’innovation, des objets connectés et de l’IoT. Il a notamment créé en 2006 le blog Opinions libres dans lequel il traite de nombreux sujets et fait part de conseils en innovation dans l’univers de la télévision numérique, des objets connectés et de la santé. Ses lecteurs sont des industriels, étudiants, entrepreneurs, investisseurs qui cherchent à découvrir tout ce qui se passe dans le monde de l’innovation française, puisqu’il y parle de tous les sujets de façon approfondis.


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Et Olivier Ezratty a d’autres cordes à son arc puisqu’il publie chaque année un rapport sur le CES de Las Vegas, sujet sur lequel nous avons décidé de nous attarder aujourd’hui.

Que faut-il attendre cette année du CES Las Vegas ?

Olivier Ezratty : Le CES est un des plus gros événements au monde pour savoir ce qui se passe dans le domaine du numérique grand public.

Il est à la croisée de tous les chemins avec un positionnement qui fait que de grands noms de la Silicon Valley et aussi d’Hollywood y sont présents. Il est surtout énorme en termes de volume avec plus de 3600 exposants. De plus, il s’agit d’un point de convergence de plusieurs métiers liés au numérique.

Occulus

Il rassemble des visiteurs issus de grands médias, des retailers du monde entier, des industriels et équipementiers, du monde de la communication ainsi que tout un tas de secteurs de l’industrie et des services affectés de près ou de loin par les révolutions numériques.

Les objets connectés sont exposés dans un double hall cette année situé dans le centre du convention Sands du plus grand hôtel du monde, le Venetian. Deux étages entiers sont consacrés aux objets connectés, car il y a de plus en plus de sociétés dans ce secteur. Dorénavant, il va me falloir deux jours pour tout voir  à cet endroit !

Dans la zone des startups, il y a environ 110 Français sur plus de 400, ce qui est énorme. L’intérêt d’y aller est de se faire une vision globale de l’innovation mondiale. C’est intéressant pour tous les professionnels du milieu.

Ce qui est vraiment passionnant est de voir les variantes d’un même produit ainsi que les différents modèles économiques qui existent sur ce même produit.

Cette année ce sera la 11e édition du CES à laquelle je me rends et je sais d’ores et déjà que je ne vais pas m’ennuyer.

Comment vous y préparez vous ?

Je m’y prépare en faisant de la veille technologique, en dépiautant les communiqués de presse que je reçois ce qui me permet d’anticiper ce que je vais pouvoir observer de près. Ensuite, je liste les choses intéressantes à voir et prépare une liste de questions à poser sur chaque stand intéressant.

Lorsque je visite un stand, je cherche à comprendre la spécificité des offres. Voire même à comprendre le métier de l’exposant, qui n’est pas toujours bien clair.

J’essaie aussi de me faire un avis sur l’étendue de la concurrence de l’innovation sur les objets connectés, quel que soit le domaine. Un autre secteur que j’explore est celui des composants électroniques et des capteurs. Il est utile de savoir ce qui s’y passe pour anticiper les usages intéressants.

Je découvre toujours de nouvelles trouvailles, astuces issues du monde entier. Il y a toujours des stands réservés au dernier moment, des startups qui démarrent tout juste, des choses dont on n’a peu entendu parler.

C’est ici que je découvre comment le produit fonctionne et ce qu’il va changer. Cela me permet d’avoir une idée plus précise des objets connectés, de mieux les comprendre, mais aussi de rencontrer des gens, d’obtenir des informations cachées sur la santé et l’économie réelle ou encore la croissance, chose qu’on n’obtient pas facilement sur internet.

J’aime aussi observer comment les produits sont marketés.

Quelles sont les choses les plus insolites/inutiles que vous ayez rencontrées ?

Le pire cas, c’est la démonstration du produit qui ne fonctionne pas. Cela peut arriver bien entendu et ce qui est important alors, c’est d’identifier ce qui fonctionne bien ou pas, et de comprendre l’usage à long terme d’une solution.

Par exemple, une technologie d’affichage impressionnante sur un stand peut ne pas arriver sur le marché, car le constructeur n’est pas capable de la produire en volume et de manière rentable.

Comprendre les processus de fabrication permet aussi de se faire une idée de la viabilité des produits. Il est ici utile d’associer une compétence d’ingénieur et en marketing.

Le grand enjeu des objets connectés est de savoir lesquels vont devenir ceux qui vont équiper le plus grand nombre de foyers à l’avenir, car actuellement peu d’entre eux dépassent les 50%.

Un autre exemple que je peux donner, c’est l’engouement qu’il y a autour de l’impression 3D. Ce ne sont pas des technologies adaptées aujourd’hui pour le grand public, mais pourquoi pas dans 10 à 30 ans quand elles évolueront.

Lors de ce CES, je compte regarder surtout les choses qui m’intriguent. J’ai par exemple entendu parler de Magic Leap, une startup financée par Google dans le domaine de la réalité augmentée, mais on ne la verra probablement pas cette année. Il y a aussi un lit connecté qui permet de mieux dormir en changeant la dureté du matelas selon le cycle du sommeil.

Il y aussi des sujets où je sais que je vais m’ennuyer comme sur la Smart Home. L’offre est abondante, mais manque souvent d’originalité. Des dizaines d’acteurs proposent des verrous connectés, des thermostats et des caméras connectées. Il y a encore de la place pour innover et se différentier dans ce secteur.

La voiture connectée est un autre sujet intéressant. Plusieurs startups analysent les données issues du connecteur de diagnostics standardisé, mais ce sont les mêmes données qui sont exploitées par les différents logiciels présents sur le marché. La principale différence réside alors dans l’ergonomie du logiciel et le modèle économique du produit.

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