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Un sextoy banni du CES relance le débat du sexisme dans la Tech

Il n’est pas rare de croiser un sextoy connecté au CES de Las Vegas. De même, les expériences pornographiques en VR se multiplient. Pourtant, la Consumer Technology Association (CTA) a un problème avec l’un de ces produits.

L’organisateur du salon avait attribué un Innovation Award au sextoy connecté pour femmes de la startup Lora DiCarlo. Avant même le lancement du salon, le CTA avait retiré ce prix jugeant le dispositif “immoral, obscène, indécent profane et pas en accord avec l’image du CTA. Du coup, la startup participe au salon sans l’objet de la discorde.

Ce prix, la startup l’avait obtenu le 10 octobre 2018. Lora DiCarlo avait donc fêté la bonne nouvelle sur les réseaux sociaux. Problème, le 31 du même mois, le CTA revient sur sa décision. Le produit n’est pas conforme aux exigences à l’organisateur du CES. Ce dernier affirme qu’il n’était pas éligible pour la catégorie “Robotique et drone”.

Osé, un sextoy innovant à qui l’on refuse son titre

Dans un post de blog, Lora Haddock, la CEO de la startup a dénoncé cette décision. Elle explique que Osé, le sextoy connecté en question correspond totalement à cette catégorie :

Nous avons une équipe d’ingénieures de génie absolu et d’ingénieurs LGBTQ (et quelques hommes merveilleux) qui travaillent sur tous les aspects de ce produit – y compris un docteur en génie mécanique avec une expertise en robotique et en IA et un ingénieur en conception mécanique spécialisé en science des matériaux avec une formation en chimie. Osé fait clairement partie de la catégorie Robotique et Drone – et les juges experts du CTA sont d’accord.

Elle ajoute que ce produit embarque des microtechnologies robotiques qui imitent toutes les formes de toucher humaines (bouche, langue, et doigts) afin de reproduire les sensations d’un rapport sexuel en couple. Le tout fait l’objet de plusieurs dépôts de brevets.

« Deux poids, deux mesures » avec le sexe au CES

Pourtant, le CES avait déjà accueilli plusieurs innovations liées aux plaisirs sexuels. Que ce soit les vidéos pornographiques en réalité virtuelle, les poupées sexuelles robotisées ou un sextoy connecté pour femmes qui s’enclenche lors d’une lecture érotique, cela semblait faire partie des marronniers du salon.

Dans son post de blog, Lora Haddock affirme que les organisateurs du CES ont un problème avec la sexualité féminine :

Il y a manifestement deux poids, deux mesures lorsqu’il s’agit de sexualité et de santé sexuelle. Bien qu’il y ait du sexe et des produits de santé sexuelle au CES, il semble que l’administration du salon applique les règles différemment pour les entreprises et les produits en fonction du sexe de leurs clients.

La décision du CTA semble d’autant plus étrange quand on se rappelle qu’au CES 2016, le couple concepteur du sextoy connecté féminin OhMiBod avait réussi un Award dans la catégorie bien-être et santé. Peut-être que la forme phallique de l’objet a fait peur aux décisionnaires, peut-être qu’il y a une véritable discrimination des femmes et du plaisir féminin. Ou tout simplement, le puritanisme américain a encore fait des miracles.

Sur Tweeter, beaucoup se sont ralliés à la cause de Lora DiCarlo. Enfin nos confrères de Frandroid évoquent une affluence record sur le petit stand de la startup.

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