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Protection : comment travaillera le cyber-pompier de demain

On parle de l’urgentiste et du policier connecté, mais il faut savoir que le pompier bénéficiera également de sa dose d’équipements intelligents pour améliorer son efficacité et sa sécurité.

Les pompiers sont des acteurs majeurs de la société. Ainsi, chercheurs, développeurs d’applications et fabricants de casques s’attellent à comprendre à quoi ressemblera le cyber-pompier de demain et comment faire que cela devienne une réalité.

Dans le cadre de l’Expoprotection, plusieurs acteurs spécialisés dans le développement du cyber-pompier étaient présents. On pense notamment à la plateforme Sikiwiss, le fabricant de casques d’intervention MSA et autres experts au sein des sapeurs-pompiers de Paris. Ces innovations sont de différentes natures, comme l’optimisation du travail des pompiers, la protection des pompiers eux-mêmes ou encore l’interaction et la communication avec les citoyens dans le cadre de la smart city.

Partager et analyser les données pour intervenir plus rapidement

Avant toute chose, il s’agit d’utiliser les données disponibles des retours d’expérience pour faire de la prévention « Il faudrait réduire les causes de sinistre de sorte que le sapeur-pompier n’ait même pas à intervenir » déclare Denis Remy, animateur fédéral de la commission prévention des Services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) Charentes.

En somme, il faut que le partage d’information soit global et qu’il concerne tous les services de pompiers du pays. Pour améliorer l’organisation grâce aux nouvelles technologies, cela passera par comment intégrer un outil au mieux et la prédisposition aux organisations à réaliser cette transformation.

Ce partage de données est avant tout possible grâce à une plateforme et une application smartphone. La société Sikiwiss travaille avec les pompiers sur une solution smartphone permettant de recevoir et d’émettre toute sorte de données. Le président Paul Sitbon déclare « C’est un support qui non seulement reçoit de l’information mais aussi en émet. On peut qualifier instantanément l’intensité d’une situation grâce à une application dédiée ». Ce genre d’information a un effet positif sur les pompiers puisqu’elle démocratise les technologies et favorise l’adoption culturelle.

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Ce type d’application peut permettre de la transmission vidéo et de la géolocalisation pour davantage de sécurité et permettre de communiquer et partager des données avec les autres services de protection comme la police ou les urgences.

Sikiwiss propose également des applications aux citoyens de manière à ce qu’ils puissent recevoir des notifications s’il y’ a un danger potentiel aux alentours. L’application FireLink, une extension de Sikiwiass, permet d’optimiser la disponibilité et la présence des pompiers. Ainsi, certaines unités peuvent être prévenues automatiquement, de manière à intervenir plus rapidement.

Des wearables et accessoires connectés pour décupler les capacités humaines

Lors de cette table ronde, un représentant de la société MSA était également présent. Cette entreprise équipe la plupart des pompiers de casques de protection dernier cri. A l’avenir, la plus grande innovation serait de mettre à disposition des informations en réalité augmentée, comme les plans des bâtiments, pour que les pompiers puissent mieux se repérer.

D’autres innovations qui existent déjà sont difficiles à démocratiser. On pense notamment à la caméra thermique intégrée dans un casque permettant de détecter les victimes dans les bâtiments. Grâce à un système de localisation, cela permet de détecter la présence de survivants en les localisant.

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En ce qui concerne les casques, Ektos est également intéressant. Ektos a été conçu pour voir à travers la fumée au moyen d’une caméra infrarouge pour capter des rayons émis par le feu non visible à l’oeil nu. Le pompier a accès à ces images retransmises grâce au Wi-Fi, pour que l’équipe restée à l’arrière puisse voir ce qui se passe au milieu d’une intervention en temps réel. Testé par les pompiers de Seine-et-Marne, le casque a largement fait ses preuves et démontré qu’une vision correcte était possible, même au milieu de la fumée la plus dense.

La connectivité peut largement s’étendre aux vêtements. A l’aide de capteurs, la société américaine SensorUp est capable de mesurer la qualité de l’air que les secouristes respirent et ce qu’ils sont en train de regarder, tout en ayant connaissance de leurs signes vitaux. Cela est possible grâce à une plateforme open source capable d’analyser des données complexes en un temps record.

La robotique peut jouer un rôle central dans l’efficacité des interventions et pour la sécurité. En premier lieu, le pompier augmenté peut se définir par un exosquelette motorisé décuplant la force.

En plus d’être résistante à la chaleur et au feu, cette armure permettrait de se déplacer plus rapidement ou encore transporter des victimes plus facilement. Un exosquelette permet également de transporter plus d’équipements et dispose bien sûr d’un système permettant de s’éjecter en cas de besoin. Encore au stade de prototype, une version très complète de cette armure potentielle avait été désignée par Ken Chen.

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Ces armures peuvent être accompagnées par des robots. Dans des espaces extérieurs, les secouristes sont en mesure d’envoyer des drones pour reconnaître les zones en amont. De plus, il est aussi possible d’envoyer des robots généralement adaptés aux risques industriels, comme des bras robotisés ou des chenilles comme éclaireurs dans des zones de fuite de gaz.

Quelques enjeux persistent pour l’adoption

Il existe quelques enjeux supplémentaires pour la bonne intégration des nouvelles technologies dans le quotidien des pompiers. Tout d’abord, pour suivre les activités au plus près et de manière sûre, l’intégration difficile de systèmes intelligents et connectés dans les camions persiste. Cette intégration compliquée est due à la durée de vie des camions, qui est de 30 ans environ. Ainsi, il n’est pas évident de connecter de vieux modèles de camions et très coûteux d’en acheter de nouveaux.

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Le deuxième enjeu est la collaboration étroite avec les opérateurs téléphoniques pour géolocaliser les unités de manière optimale. En effet, il est indispensable que la connexion smartphone puisse passer automatiquement d’un réseau à un autre, pour combler les coupures et permettre une connectivité dans les endroits les plus reculés ou enfouis. L’objectif ultime reste bien évidemment une prévention telle que les pompiers n’aient plus du tout à intervenir, ou très rarement. 

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