Extrait du film Thelma et Louise

Route intelligente : vers le risque zéro ?

Route intelligente, véhicules autonomes, villes connectées : l’espace urbain et ses infrastructures ont vocation de devenir de plus en plus adaptés à nos pratiques d’utilisation de ceux-ci. À l’aide de l’Internet des Objets, les axes de circulation de cet espace n’échapperont pas à la règle : dès lors, comment est-il possible de concevoir le domaine routier de demain ?

Avec l’explosion annoncée et attendue du marché de l’automobile autonome dès 2020, la question est posée : si le parc automobile est définitivement amené à changer, quand est-il du parc autoroutier ? Si les véhicules autonomes ont pour but de pallier les inévitables erreurs humaines pour une conduite plus sûre, la mise en place en parallèle d’un concept de route intelligente peut-elle amener ce type de déplacement au plus proche, voire au niveau du fameux « risque zéro » ?

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Cette problématique semble définitivement taillée pour l’IoT, et peut être d’ailleurs l’un de ses principaux défis en matière d’amélioration des conditions de vie de ses usagers. Comme pour ses apports à des secteurs comme la santé ou l’économie, la technologie connectée à un rôle déterminant à jouer pour sa crédibilité dans la garantie d’une conduite plus sûre, voire à terme, d’une conduite sans aucun danger.

La route, nouveau terrain de jeu pour l’IoT ?

Car pour cette question très particulière, l’IoT dispose d’un atout dans sa manche : celui de pouvoir, moyennant une correcte programmation, pallier l’inévitable erreur humaine. Les états, qui disposent selon leur ressources d’un véritable armada en matière de prévention et de procédés dans l’objectif de garantir une relative sécurité routière, ne peuvent cependant se soustraire à un minima de mortalité et ceux en dépit de toute politique visant à protéger les usagers.

Aux États-Unis, 38,300 personnes ont perdu la vie dans un accident de la route et près de 4 millions de personnes ont été grièvement blessées en 2015, tandis que la France totalise 3 461 décès sur son réseau selon l’Observatoire de la sécurité routière pendant la même période.

Ces deux états représentent les exemples types qui ont désormais besoin d’un réseau d’infrastructures novateur et inédit pour réduire drastiquement ce taux de mortalité lié au facteur humain, une fois que les politiques de prévention et de sécurité routière auront suffisamment sensibilisé les automobilistes sur les risques d’un comportement dangereux lors d’un déplacement véhiculé.

Une campagne de prévention routière
La France totalise 3461 décès sur ses routes en 2015.

Dès lors, la technologie connectée est la mieux placée pour atteindre cet objectif utopique du fameux risque zéro. En outre, s’appuyer sur les capacités et les innovations liées à l’IoT pour fournir l’auxiliaire de conduite complémentaire avec une conduite assurée par un individu, pour prévenir ses carences et les corriger avant d’occasionner des dégâts irréversibles, aussi bien pour les usagers que pour la société civile : aux États-Unis, pas moins de 152 milliards de dollars ont été nécessaires en 2015 pour subvenir aux besoins émanant des catastrophes routières survenues durant l’année.

Le comportement des usagers en ligne de mire

Une conduite en état d’ivresse ou sous l’emprise de stupéfiants, une tendance à l’endormissement, une inattention due à la fatigue ou à l’utilisation d’un smartphone et surtout une vitesse excessive forment les principaux facteurs accidentogènes. Si chaque état se pourvoit d’une politique de pédagogie et de coercition vis-à-vis des comportements dangereux dans l’espace routier, l’IoT peut contribuer à développer chez l’usager un apprentissage d’une conduite plus responsable.

Jusqu’à ce que les véhicules autonomes soient pleinement opérationnels, nous avons besoin de la technologie pour assurer une certaine gestion du facteur humain lors de la conduite. La collecte de données est le premier pas. Avec la télématique, nous pouvons désormais savoir une infinité de choses sur un véhicule et sur le comportement de son usager. Neil Cawse – PDG de Geotab

La télématique, c’est l’argument principal que met en avant le Canadien Geotab, spécialiste en technologie de gestion de flotte. Ce principe, qui met en branle tout un ensemble des techniques et des services qui associent les télécommunications et l’informatique dont notamment l’IoT, est mis à contribution à travers un système de diagnostic ou l’Onboard Diagnostic dont le rôle est de collecter des informations.

Ces informations concernent une multitude de paramètres d’utilisation d’un véhicule par un usager : vitesse moyenne, accélération, respect du marquage au sol, ou encore utilisation de la ceinture de sécurité, qui permettent d’établir un profil type pour chaque conducteur d’une flotte marchande ; le profil ainsi dégagé est conseillé via une série de mesure qui l’invite à suivre une conduite plus souple.

La seconde étape est le coaching du conducteur – utiliser les données pour aider l’usager à conduire plus prudemment. Les outils connectés embarqués dans un véhicule sont très efficaces pour changer les habitudes d’un conducteur. Non seulement cela permet de garantir la sécurité des routiers, mais c’est également un avantage considérable pour l’entreprise dans sa recherche de contrôle des risques et des coûts liés aux accidents. Neil Cawse – PDG de Geotab

Peut-on parler de surveillance de la part de Geotab vis-à-vis de son corps d’employés via ses trackers issus de la technologie connectée ?

Pas réellement si l’on en croit son président, puisque cette même technologie permet également d’améliorer les conditions de travail des conducteurs en collectant d’autres informations plus subtiles, comme le temps d’arrêt des véhicules, correspondant à chaque pause effectuée par un routier afin de mesurer et combattre les accidents au manque de sommeil selon Cawse.

Vous esquivez la sieste pour arriver plus vite à destination ? Geotab vous rappelle que rien ne sert de courir, il faut partir à point.

Étant donné que le risque zéro est encore loin d’être atteint, il faut tout même prendre en compte les cas d’accidents : s’ils surviennent, la technologie de Geotab se révélera utile pour analyser les causes, en comprenant le contexte routier et géographique pour réduire les risques d’une nouvelle collision dans le futur.

Les données issues de précédents accidents collectées via la télématique peuvent être utilisées pour identifier les intersections à risques et les secteurs sensibles dans nos villes. Avec ce type d’information, les collectivités et le secteur du transport en général peuvent établir un financement précis de leurs points faibles et établir une stratégie de développement plus efficace. Geotab collecte pas moins de 900 millions de points de données chaque jour : le potentiel d’utilisation de toutes ces informations est sans limites. Neil Cawse – PDG de Geotab

La loi du bitume

Si le facteur humain est souvent mis en cause lors d’accidents de la route, celui-ci en peut-être la cause de manière bien plus insidieuse. Si l’on ajoute la pression des éléments climatiques sur certains édifices, les failles minimes soient-elles inhérentes à une infrastructure peuvent avoir des conséquences dramatiques.

Pour MotherBoard, Intel s’appuie sur un exemple frappant de cette dernière décennie : l’effondrement aussi soudain qu’imprévisible du pont I-35W traversant le Mississippi à proximité de Minneapolis, aux États-Unis. La catastrophe, responsable de 13 morts et de plus d’une centaine de blessés, est due à la vétusté du pont datant des années 60.

Résultat : un audit interne effectué sur l’ensemble du territoire des États-Unis a montré que sur un parc de 607 000 ponts, 65 000 étaient considérés comme « structurellement déficient » et même 20 000 d’entre eux étaient en état de « fébrilité critique ». Un manque criant d’entretien est mis en cause à la charge des collectivités locales, mais qui paradoxalement ne peuvent se permettre chaque année de subvenir à des révisions régulières par manque de moyens.

Le pont I35 aux États-Unis
Le pont I35 aux États-Unis après son effondrement tragique.

Voilà qu’intervient de nouveau la technologie connectée. Pourquoi ne pas mettre à contribution l’IoT pour créer des matériaux de construction intelligents, comme l’explique le site de l’université d’Houston à propos du ciment 3.0 équipé de détecteurs qui pourraient mettre à jour les potentielles avaries d’un immeuble d’habitation par exemple ? Ou bien barder les édifices publics et privés de capteurs de pointe permettant de mesurer les différents facteurs affectant l’état d’une structure, pour en être mesure d’intervenir sur son entretien en temps voulu ? Là encore, cet axe est exploité par le professeur Jerry Lynch du Center for Wireless Integrated MicroSensing and Systems (WIMS2) qui planche sur la conception d’une batterie de capteurs pouvant effectuer un diagnostic en temps réel de chaque bâtiment.

Route intelligente : l’utopie ?

Quand est-il du sujet principal, du vecteur de tous ces déplacements ? La route, enfin, a elle aussi droit à sa connectivité.

La mise en branle des parties prenantes évoquées plus haut, à savoir les usagers et les infrastructures utilisées, forme dès lors le paradigme du trafic : son contrôle est également une condition sine qua non pour assurer une sécurité optimale sur la route. Dans cette optique, la jeune start-up Hikob a basé ses recherches sur des capteurs routiers animés par la technologie connectée ayant la capacité de communiquer sur l’état du trafic en temps réel.

Les capteurs routiers sont sur le point de devenir l’un des développements les plus cruciaux dans le secteur du transport depuis l’arrivée de la technologie de l’Internet des Objets. Ces capteurs peuvent être facilement intégrés sous les routes pour en mesure de fournir efficacement des informations concernant le changement de température, le volume de trafic et l’humidité, parmi d’autres constantes relatives à la route. – Ludovic Broquereau, directeur marketing et commercial chez HIKOB

Les données ainsi recueillies par les capteurs sont rassemblées dans des serveurs et analysées pour fournir aux autorités compétentes un rapport en temps réel sur les conditions de circulation dans les zones couvertes par l’IoT.

Cet équipement, qui exempte l’utilisation intensive et anxiogène de caméra de surveillance, permettrait entre autres une meilleure gestion des ressources humaines et matérielles des services routiers ainsi qu’un système de prévention des risques plus rapide et efficace.

À l’essai dans la ville de Troyes, Hikob en est encore à son galon d’essai, mais sa vision de la route s’annonce prometteuse. Affaire à suivre.

route intelligente Un routeur HiKoB
Un routeur HiKoB à l’action.

Vous l’aurez compris, l’IoT est en passe de transformer notre environnement pour nous rendre la vie plus facile. Mais aussi plus sûre. Si le potentiel de cette technologie est la source d’un enthousiasme certain, cette problématique sur son apport dans nos habitudes de circulation nous permet de prendre la pleine mesure de l’IoT et de ses capacités pour envisager un futur proche toujours plus maîtrisé. Pour un avenir exempt d’embouteillage et de vie perdue sur nos routes ?

Le risque zéro n’existe toujours pas. Mais nous pouvons dire que nous n’en avons jamais été aussi proches.

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