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Smart Territories, le nouvel enjeu français

Nous étions hier avec la FIRIP (la Fédération Industriels des Réseaux d’Initiative Publique), qui se réunissait à la Cité de l’Objet Connecté d’Angers pour son colloque et AG élective. Cela fait maintenant 3 ans que la FIRIP existe. Ce groupement d’industriels, mais aussi de politiques, sont grandement connectés et apportent des visions tangibles aux problématiques de la connexion rurale, locale, mais pas seulement. Les objets connectés sont principalement un sujet de discussion pour ces  acteurs, car ceux-ci vont permettre d’apporter des services positifs et visionnaires à ces zones décentralisées et aux zones urbaines. Mais l’avancée de l’IoT sur l’ensemble du territoire et non plus seulement dans les grandes villes, amène aussi un besoin en connexion, fiable, rapide et peu coûteuse. Petit tour de table avec les représentants.

FIRIP Colloque

Le plan France Très Haut Débit, moteur smart du maillage territorial et de l’IoT

Ce plan, lancé en 2012 par le Président François Hollande, s’inscrit dans cette mise en œuvre d’une France toute connectée. La fibre est la principale source d’attention à l’heure actuelle.

Mais en quoi les objets connectés ont-ils à voir avec ce plan et la FIRIP ? Tout simplement parce que ces réseaux d’initiatives publiques par définition, servent le citoyen principalement en Très Haut Débit et rapatrient ensuite le trafic provenant des objets connectés. Même si ces objets sont peu consommateurs de trafic, et encore, cela n’est pas toujours le cas. Mais parlant de dizaine de milliards d’objets, lorsque l’on concentre le trafic de ces réseaux, alors, il faut des réseaux qui puissent supporter ce poids.


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Pour Etienne Dugas, président de la FIRIP, il est important de s’interroger et d’agir pour l’IoT. Pour lui, la question est avant tout de savoir s’ils doivent d’abord développer les usages ou développer l’infrastructure ?

FIRIP Président Etienne Dugas

Et pour le président, c’est clairement l’infrastructure, mais c’est une question qui est débattue depuis des années et surtout au sein des collectivités locales. Quels sont les usages qui nécessitent 100 mégas, 1 gigas, 10 Gigas …? Pourquoi doit-on construire des infrastructures tournées sur la fibre optique ? Est-ce réellement nécessaire ?

La réponse, aujourd’hui, est claire et sans ambiguïté : c’est oui.

Constant unanime, l’ADSL est totalement dépassé de nos jours, surtout pour supporter la masse considérable des données qui transitent et vont évoluer sur l’IoT.

Quelle est la vision de la Caisse des Dépôts sur l’IoT au sens large ?

La Caisse des Dépôts est un investisseur public de long terme d’intérêt général. Une première génération de réseau a été déployée qui était à la fois des réseaux optiques de collectes pour les collectivités et des réseaux radios pour aller aider les utilisateurs à très faible débit à pouvoir se connecter à Internet. Aujourd’hui arrive la deuxième génération de réseau, qui sont des réseaux totalement fibrés. Les technologies ont changé, mais pas le positionnement de la Caisse des Dépôts.

FIRIP Colloque

Le domaine des territoires intelligents est complémentaire pour la Caisse des Dépôts. Pour eux, les objets connectés peuvent être présents à deux endroits, sur les personnes ou à domicile. Deux types d’objets sont donc mis en avant, ceux d’ordres privés et ceux présents sur la voie publique.

La FIRIP s’intéresse particulièrement aux objets connectés présents sur la voie publique.

Les industriels et la Caisse des Dépôts pensent à long terme à un déploiement de réseaux spécifiques, afin de raccorder les objets connectés d’une ville. Aujourd’hui, les réseaux FTTH déployés par les opérateurs classiques, ont une obligation réglementaire de raccorder les ménages et les sites professionnels. Mais, ils n’ont aucune obligation d’aller desservir des objets connectés.

La Caisse des Dépôts s’attend à ce qu’il y ait un déploiement de réseau urbain, un peu comme ce que l’on voit sur Singapour : des réseaux de fibre qui vont chercher soit directement des objets qui ont un fort besoin de débit, comme les caméras et vidéosurveillance ; ou alors qui vont aller chercher des concentrateurs qui eux-mêmes, communiqueront en radios avec des objets ayant un faible débit, et dont il est plus rationnel de connecter avec des technologies dites radio. On aura donc dans une futur proche de la fibre optique pour les consommateurs, mais cette fibre pourra aussi aller chercher des objets qui sont au coin de la rue comme un concentrateur, qui captera lui aussi tous les objets de la voie publique.

FIRIP Colloque

Quels sont les exemples que l’on retrouvera sur la voie publique ?

En préambule notons tout d’abord qu’il y aura plus d’objets que d’habitants. Ainsi selon le Caisse des dépôts, on trouvera des capteurs de bruits, des capteurs de température, des capteurs afin de déterminer si la place de stationnement est libre, des capteurs pour savoir si les poubelles ne sont pas ramassées dans la rue, etc. C’est un champ considérable et les industriels s’attendent donc à ce qu’il y ait un réseau pour supporter tout ceci et le drainer de façon intelligente et supportable. Des industriels comme le réseau de la FIRIP sont attentifs à ce sujet et tentent d’apporter des solutions.

Pour l’instant en France, il n’existe pas encore des réseaux de ce type. Par contre, la Caisse des Dépôts investit dans un certain nombre d’objets qui se rattachent à la notion de territoire intelligent. Deux types d’objets sont représentés dans cette notion, avec d’une part des sociétés d’auto partage, et d’autre part, des investissements sur les tiers-lieux. Les tiers-lieux sont des lieux où les professionnels peuvent venir utiliser un emplacement de travail durant le temps qu’ils désirent et de façon souple. Ceci rentre dans cette notion de territoire intelligent, car cela permet d’éviter un certain nombre de déplacements professionnels. Le plus important reste vraiment de limiter le nombre de déplacements.

Également comme autre dispositif possible, le PH positif, qui a été mis en place dans différentes villes européennes. Cela consiste à repérer qui bouchonne aux heures de pointe. On peut ainsi contacter les automobilistes qui sont coincés dans les bouchons et leur proposer, avec une récompense, de changer leur comportement. Cela fait partie des dispositifs intelligents sur lesquels la Caisse des Dépôts travaille.

La Cité de l’Objet Connecté comme incubateur modèle des startups de l’IoT

Thierry Sachot, le président de la Cité de l’Objet Connecté nous parle de l’intérêt principal à tout cela : c’est qu’il y a des objets.  Ce sont des objets physiques qu’il faut fabriquer, car on parle de concentrateurs, on parle de terminaux, etc. Ce sont ces objets qui vont devoir être réalisés qui est intéressant pour la Cité de l’Objet Connecté. Ces objets ont de l’électronique le plus souvent, et c’est donc également une opportunité sur ce secteur. Et sur les pays de Loire, ça représente environ 25 000 emplois, 500 entreprises, ce qui est donc un intérêt supplémentaire de se porter sur le sujet de l’IoT. Cette Cité donne un nouvel élan à cette filaire de l’IoT, qui est marché transversal, que l’on retrouve dans tous les domaines, de l’automobile à la santé en passant par les jouets ou les plantes.

Cité de l'Objet Connecté Angers Plaque d'inauguration

Ce marché, il faut réussir à le capter. Mais il a aussi des particularités, comme le time to market ou le fait de réagir vite, être capable de tester l’usage très rapidement. Il faut également un mode collaboratif. On ne peut pas travailler en silo avec les électriciens d’un côté, et les ingénieurs de l’autre, etc. La Cité, c’est donc une plateforme innovante industrielle qui rassemble toutes ces compétences en un lieu. Ce plateau commun offre des services à ces porteurs de projets, qui seraient plus difficiles d’accès dans un autre lieu. Le but est donc d’accélérer le passage de l’idée, à la réalisation.

Actuellement, la Cité de l’Objet Connecté, ce sont 20 projets pour la fin de l’année. Une première  étape appelée Fablab, avec des équipements qui sont mis à la disposition des porteurs de projets pour qu’ils réalisent leur maquette et prototype. L‘autre étape est plus industrielle. Dans la première étape ce sont environ 10 projets et dans la seconde près de 18.

La visibilité internationale n’est pas en reste, avec la visite de Gary Shapiro le président du CES de Las Vegas, venu visiter la Cité de l’Objet Connecté. Également des déplacements à Austin aux Etats-Unis, ville jumelée avec Angers et le maire d’Angers ayant été le chef de la délégation. Tout ceci permet cette visibilité mondiale pour la ville et les startups française de l’IoT. D’ailleurs, des incubateurs américains vont accueillir 12 startups d’Angers dès l’année 2016, afin de développer leurs projets, mais sur le sol US.

Conclusions sur l’IoT à la française

On le voit bien, l’augmentation de l’IoT s’accélère partout et tous les sujets se regroupent. Des nouveaux besoins aux nouveaux accélérateurs, en passant par les révolutions techniques nécessaires mais également législatives et de visibilité. Nous sommes au début d’une nouvelle ère où nous pouvons tirer les cartes du jeu.

Les collectives locales et les forces publiques l’ont bien compris, la compétitivité de la France sur ce marché transversale qu’est l’IoT met certes du temps à démarrer, est encore, de fait, petit, mais il a le mérite d’exister et de faire vivre l’espoir de l’émergence de startups française aux idées révolutionnaires et indépendantes dans le domaine technico-créatif de l’IoT mondial. L’ensemble des industriels, avec la FIRIP, mais également avec le plan Très Haut Débit 2012 de la présidence de la République, la Cité de l’Objet Connecté, mais aussi avec des acteurs comme la Caisse des Dépôts, montrent bien que les idées et réalisations sont là. Maintenant à savoir si les décisions seront prises rapidement afin que cette filière soit à l’avant-garde, c’est une autre histoire. Saluons les idées, les projets et les réformes, mais attendons les concrétisations rapides et les réussites, les french success story qui perdurent, afin de nous faire clairement une idée de ce que vaut la French IoT. Mais nuls doutes que la French Tech saura porter haut et fort les couleurs et créations française dans les domaines avancées. Soyons chauvin et laissons le doute positif s’installer. La première des idées reste avant tout la confiance en soi.

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