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[Sport] Les objets connectés et la portabilité des données, une nouvelle façon d’apporter sa contribution au Téléthon

Les objets connectés et le stade rennais Telethon

En partenariat avec le club de football du Stade Rennais et le fabricant Withings, la startup rennaise Datacces veut sensibiliser le grand public et les professionnels à la valeur que représentent les données collectées par les objets connectés.

L’utilisation des objets connectés pour le Téléthon avec Datacces

Signe des temps actuels, il existe désormais une nouvelle façon d’apporter sa contribution au Téléthon, à travers ses données personnelles, collectées par l’intermédiaire de son objet favori (montre, bracelet, etc.) grâce à une mécanique ludique imaginée par Datacces, le club de football du Stade Rennais et le fabricant Withings.

Jusqu’au 06 décembre, les sportifs amateurs détenteurs de l’application Withings ou d’un bracelet connecté (Withings, Fitbit ou Jawbone) pourront se connecter sur Datacces et mesurer la distance qu’ils auront parcouru pendant le week-end avec celle des joueurs du Stade Rennais lors de leur match contre l’AS Saint-Etienne pour le compte de la 17ème journée de Ligue 1.
Moyennant une contribution de 5€ reversée au Téléthon, les participants ayant réussi à se rapprocher le plus possible de la distance qu’ils avaient estimée pour leur joueur favori se verront récompensés par des lots.

Fréderic Steunou, CEO et co-fondateur de Datacces espère ainsi

« permettre à plus de gens de se mobiliser, à travers une action individuelle peut-être moins contraignante que la participation aux grands rassemblements » traditionnellement organisés à l’occasion du Téléthon. Le club a quant à lui voulu soutenir le caractère innovant de cette opération.

Au-delà du Téléthon, la thématique de la portabilité et de la valeur des données personnelles collectées par le biais des objets connectés profite aussi de la puissance du relais médiatique qu’est le football.

La portabilité des données : un écosystème naissant dans un nouvel environnement juridique

Le projet de loi « République Numérique » de la Secrétaire d’Etat chargée du Numérique Axelle Lemaire, prévoit la création d’un droit à la portabilité et la récupération des données des utilisateurs, anticipant une évolution du cadre légal européen. Les plates-formes permettant à ces derniers de stocker et de gérer de façon centralisée leurs données personnelles commencent donc à apparaître.

En se positionnant comme « une place de marché entre les objets et les services », Datacces veut donner à ses utilisateurs un contrôle total, gratuit, transparent et centralisé des données issues de leurs divers objets et faciliter l’émergence de nouveaux services.

A terme, la promesse faite aux usagers est aussi celle de l’apparition de services innovants, clés-en-main, véritablement adaptés à leurs usages. La pertinence de ces services sera en effet d’autant plus forte que certaines données provenant de services différents auront pu être croisées avec l’accord explicite du consommateur : par exemple « un programme de fidélité deviendra d’autant plus pertinent qu’il prendra en compte des données issues d’un programme sportif suivi parallèlement ». Côté professionnel, les éditeurs trouveront un environnement plus simple pour le développement de tels services.

Le sport comme vecteur de sensibilisation du grand public à un enjeu encore difficile à appréhender

Il n’en reste pas moins que la mécanique de l’opération, bien que ludique, ne s’inscrit pas dans encore dans les usages quotidiens des détenteurs d’objets. L’enjeu de la permission marketing des données personnelles est désormais moins technique que comportemental. Pour Frédéric Steunou, il faut encore « apprendre aux consommateurs à gérer leurs données », et il faudra attendre « trois ou quatre ans » avant que le grand public ne soit pleinement sensibilisé à ces enjeux.

Mais l’apparition récente de nouveaux acteurs sur ce marché, à l’instar de CozyCloud, pourrait accélérer cette évangélisation, d’autant plus que des pointures importantes comme Orange ou La Poste s’intéressent de près à ce type de services. De l’autre côté de l’atlantique, le patron d’Apple Tim Cook aime à prendre la défense des consommateurs en rappelant que les données des consommateurs leurs appartiennent, critiquant au passage sans les nommer certains poids lourds comme Facebook, Amazon ou Google, connus pour l’utilisation commerciale qu’ils font des données de leurs utilisateurs.

Tout est donc en place pour une nouvelle bataille économique : celle de la gestion et de la valorisation consentie des données des utilisateurs d’objets connectés, et les nouveaux services, plus pertinents, qui en découleront.

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