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L’IoT va-t-il monopoliser les emplois techniques ?

emplois techniques

Depuis quelques années, les responsables des ressources humaines des grands groupes déplorent le manque de profils techniques sur le marché de l’emploi européen. Le secteur de l’Internet des Objets va-t-il empirer cette situation ?

Les nouvelles technologies dynamisent le marché du travail, c’est un fait. D’après une étude conduite par le site de recrutement Indeed l’année dernière, le nombre d’employés dans les domaines scientifiques et technologiques ont augmenté de 34 % au Royaume-Uni, de 13 % en France et de 19 % en Irlande entre 2010 et 2011.

Pour autant, la pénurie de profils techniques inquiète les dirigeants des entreprises et les gouvernements. La course à la transformation digitale pousse les dirigeants à exiger des salariés très compétents comme les Data Scientists, les spécialistes de la cybersécurité, des systèmes embarqués, etc.

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Bien plus d’offres que de demandeurs

À tel point que le nombre de postes à pourvoir dans les différents pays scrutés à la loupe par Indeed dépasse largement le nombre de recherches. En Allemagne, entre 2013 et 2015, 60 000 millions d’offres ont été publiées contre 1700 millions de recherches effectuées, soit 35 offres par candidat. En France ce chiffre passe à 11 propositions par candidats, une dynamique relativement faible.

Si en Angleterre et Irlande les recherches sont plus nombreuses, le parlement britannique a produit un rapport en juin dernier démontrant le manque de compétences numériques dans le pays. En 2017, le Royaume-Uni aura besoin de 745 000 travailleurs qualifiés dans ce domaine. Remplir cet objectif en un temps si court sera difficile, car seulement 70 % des professeurs en science de l’informatique, comme les data scientists ont déjà été recrutés.

La transformation numérique entraîne donc un besoin d’ingénieurs et de développeurs aptes à créer les outils matériels et logiciels de demain. Ils doivent être capables de maîtriser des technologies, des langages informatiques, mais aussi la langue du pays dans lequel ils exercent. Cette multitude de compétences requises rend la tâche compliquée. Manpower Group conduit annuellement une étude sur les métiers les plus techniques à recruter. En France, en 2015, le personnel IT est le septième le plus dur à recruter.

L’IoT, un secteur du numérique comme les autres

techniques puces

L’Internet des Objets s’inscrit dans ce tournant, dans cette révolution digitale. Par définition, l’IoT est transverse à tous les secteurs d’activités : Industrie automobile, Santé, supply chain, robotique, loisirs, etc. Comme les autres tenants de cette transformation.

Concrètement, pour intégrer l’IoT, les entreprises ont particulièrement besoin d’ingénieurs qui maîtrise l’aspect matériel de l’informatique : des composants, des capteurs, et des semiconducteurs. Il s’agit d’une couche supplémentaire et complémentaire aux autres domaines comme le Big Data et l’Intelligence Artificielle. Certaines compétences, notamment celles des développeurs sont partagées. Cependant, il faut développer des qualités en adéquation avec cet vision Hardware. Tesla, par exemple, vient d’annoncer le rachat d’une entreprise allemande pour automatiser ses usines. Le constructeur automobile fait donc appel à des ingénieurs en robotique.

L’avenir : les emplois techniques au défi de la maintenance

repair techniques

Si, en France, l’écosystème est vivace, il faut rappeler sa jeunesse. Les possibilités de l’Internet des Objets sont encore à découvrir et à démontrer dans le cadre d’une économie d’échelle. Pour certains, il ne s’agit d’ailleurs que d’un moyen pour récupérer des données, réaliser les objectifs du « Big Data ». D’autant plus que créer un objet connecté demande de faire appel à d’autres métiers comme designer ou ergonome. Oui, le défi est tentant, mais parfois horriblement difficile : les entrepreneurs le savent bien.

L’IoT va-t-il aspirer les emplois techniques ? Rien de moins sûr. Et si les capteurs intelligents se généralisent, les robots prennent la place des ouvriers les moins qualifiés, ce n’est plus un secteur qui aura besoin d’emplois techniques, mais toute une société. Assurer le service après-vente de la transformation numérique, voilà un risque de gangrène intellectuelle. Dans ce scénario catastrophe, l’attirance croissante des jeunes diplômés pour le numérique retombe comme un soufflet. Prenons le temps de nous y préparer.

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