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Le Corniaud de Gérard Oury, 1965
Le Corniaud de Gérard Oury, 1965

Les voitures autonomes, marqueront-elles la fin des assurances voitures?

Quand les voitures autonomes auront envahi les routes, le nombre d’accidents de la route va diminuer de 90%. Certains experts prévoient la mort des assurances auto.

Aujourd’hui les accidents sur la route font environ 30 000 morts par an aux Etats-Unis et 4 000 morts en France, sans parler de blessés. Un rapport McKinsey publié l’été dernier indique que pour un Américain mort dans un accident, 8 sont hospitalisés et 100 envoyés aux urgences. En 2012 tous les accidents de la route ont coûté à l’économie américaine 212 milliards de dollars. Avec un système avancé d’assistance au conducteur et le nombre d’accidents diminué de 90%, on aurait pu économiser 190 milliards.

« Quand le système passera aux voitures sans conducteur, les accidents seront beaucoup plus rares et surtout beaucoup moins violents, cela peut sonner le glas des assurances auto », – dit Lawrence Burns, ancien dirigeant de GM qui conseille de grandes entreprises, parmi lesquelles Google et une grande compagnie d’assurance Allstate.

Voitures autonomes : sécurité sur les routes

Une étude, menée l’année dernière aux Etats-Unis, a établi que pour les voitures autonomes la probabilité de se retrouver dans un accident était plus élevée que pour les voitures avec conducteur. En revanche, tous les accidents documentés pendant l’étude ont été provoqués par les conducteurs des autres voitures. Souvent les voitures autonomes étaient touchées, parce qu’elles respectaient scrupuleusement le Code de la route.

Par exemple, elles se faisaient percuter, parce qu’elles restaient trop longtemps à l’intersection pour s’assurer de la sécurité au moment où le feu passait au vert. Ces accidents ayant pour cause un facteur humain vont disparaitre, quand tout le système deviendra sans conducteur.

Vers un nouveau modèle économique des assurances

« La plupart des problèmes de sécurité routière auront disparu quand il y aura 90% moins d’accidents, mais la responsabilité civile demeurera, – continue Lawrence Burns. – Dès aujourd’hui on peut identifier les futurs risques et opportunités des assureurs. D’abord les opportunités : la connectivité leur permet de collecter des données spécifiques sur chaque conducteur. Par conséquent, ils pourront abandonner le vieux principe qui obligeait à fixer des primes et des niveaux de garanties en se basant sur des catégories de population et des moyennes.

Une voiture connectée permet à la compagnie d’adopter une approche personnalisée qui tient compte de votre style de conduite et de la situation en temps réel, elle connait votre niveau de risque et votre vigilance en temps réel. Ainsi, les assurances vont innover du côté des produits et du côté des stratégies de prix, en essayant de vous épargner des dégâts. Autrement dit, l’objectif ne sera plus de vous payer une compensation financière, si vous êtes blessé dans un accident, mais plutôt de vous éviter cet accident tout court ».

En revanche, du moment que le système de transport sans conducteur deviendra totalement opérationnel, le concept de l’assurance auto personnelle perdra tout son sens. Pour survivre, les compagnies devront se réinventer. Le même rapport McKinsey dernier donne un aperçu des transformations possibles. Il commence avec un constat : les assurances auto ont toujours couvert le consommateur en cas d’accident provoqué par une erreur humaine.

Avec l’arrivée des voitures sans conducteur le cœur du modèle économique des assurances auto pourrait changer : au lieu de protéger des clients particuliers contre les risques d’accident, ils pourraient se tourner vers les constructeurs automobiles pour les protéger contre les pertes financières causées par des défaillances techniques de leurs véhicules.

Les assurances ne se focaliseraient plus sur des millions de particuliers, mais s’intéresseraient plutôt aux quelques équipementiers et opérateurs des infrastructures, comme cela se fait dans l’assurance des croisières et des compagnies de transport maritime. Par contre, certaines analystes craignent que ce glissement de responsabilité, quand tout engagement financier peut faire remonter jusqu’au constructeur, ne décourage les constructeurs automobiles.

Une chose est sûre : le secteur d’assurances devra se remettre en cause. Pour survivre les compagnies d’assurance devront dépasser les nouvelles contraintes, utiliser le big data et les outils analytiques, développer une vigilance de situation en temps réel, renforcer leur image de marque et leur positionnement. Dans ce cas, elles seront bien placées pour créer de la nouvelle valeur. Les autres risquent de perdre gros.

On pourra aussi retirer les pubs « Pas d’alcool au volant », parce que les robots ne boivent pas.

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