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Huawei : coups de massue pour l’équipementier chinois

Depuis le 15 mai, Huawei s’est vu interdire toute relation commerciale aux États-Unis. Cette décision menée tambour battant par Donald Trump, sous fonds de suspicion d’espionnage pour le compte du gouvernement chinois, entraîne des effets ricochets puissants. Le plus marquant reste la privation de la licence Android pour les smartphones Huawei et Honor dans un délai de trois mois.

Conséquences, les utilisateurs n’auront plus accès aux mises à jour de sécurité et les nouveaux téléphones n’intégreront plus nativement les applications YouTube, Gmail, Chrome, Google Maps, etc. De même, Microsoft a coupé les ponts avec l’équipementier chinois et ne commercialise plus les PC Huawei Matebook.

D’un point de vue technique, Arm, la filiale semi-conducteurs du japonais Softbank, arrête sa collaboration avec Huawei. Selon la BBC, les employés du fondeur britannique ont interdiction de parler avec leurs confrères chinois. Huawei ne peut plus compter sur l’architecture processeur la plus répandue dans le monde pour concevoir ses CPU Kirin proposés par le biais de la filiale Hisilicon. Même Samsung et Apple se basent sur les technologies d’Arm. Panasonic et Toshiba suspendent leur livraison à la marque à la fleur.

L’avenir mondial de Huawei est maintenant incertain

Il sera donc très difficile de fabriquer des semi-conducteurs et impossible de s’en procurer auprès de l’Américain Qualcomm. Il lui faudra créer sa propre architecture qui alimentera son système d’exploitation mobile. Pour l’instant, Bloomberg révèle que le géant chinois dispose d’un an de réserve de processeurs et de composants comme des antennes en prévision des sanctions américaines.

Par ailleurs, les opérateurs de télécommunications japonais NTT Docomo, KDDI et YMOBILE ont annulé les précommandes du Huawei P30 Pro, de même pour le Taïwanais Chunghwa telecom. Ces acteurs asiatiques s’alignent sur la décision américaine. En France, la sortie des Honor 20 et Honor 20 Pro sont mises en suspens.

Au Royaume-Uni, les FAI EE et Vodafone ont arrêté “temporairement” la commande de smartphones 5G.

Le décret signé par Donald Trump a donc des conséquences immédiates et rudes pour l’équipementier chinois. Pour rappel, la méfiance des renseignements américains concernant les produits Huawei a conforté cette décision. Du même coup, les plus gros fournisseurs du chinois que sont AMD, Microsoft et Qualcomm vont sûrement perdre plusieurs centaines de millions de dollars à eux trois.

Le déploiement de la 5G bat-il de l’aile en Europe ?

Concernant la 5G, l’équipementier blessé par le sniper américain se veut rassurant. Les livraisons seront effectuées dans les temps en Europe. Or, Bloomberg cite une note interne en provenance de Deutsche Telekom. Le numéro un européen des télécoms affirme que sans Huawei le déploiement en Europe prendra un à deux ans de plus. Pour l’instant, Orange et SFR ne se sont pas prononcés pour ou contre la firme asiatique. À la fin du mois d’avril, une loi a été étudiée en première lecture à l’Assemblée nationale.

Elle permettrait à l’exécutif de contrôler le déploiement des équipements 5G sur l’ensemble du territoire. En filigrane, le gouvernement veut éviter une trop grande présence des routeurs et antennes 5G de Huawei en France pour des raisons de “sécurité nationale et européenne”. Emmanuel Macron a même déclaré à Vivatech qu’il n’était pas question de s’aligner sur la position américaine.

Orange et SFR avait estimé ce projet difficile à mettre en place, car anticoncurrentiel. Pour autant, les deux acteurs sont aussi clients de Nokia et d’Ericsson, tout comme Bouygues Telecom.

Selon l’Arcep, le déploiement de la 5G débutera comme convenu en 2020 sur le territoire français. Sébastien Soriano, le président du gendarme des réseaux, estime que l’impact sera minime puisque l’on évoque pour le moment quelques villes.

Huawei serait le grand perdant tout comme certains de ses fournisseurs et clients. Les analystes comme Gartner s’attendent à des sanctions contre Apple en Chine.

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