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Paiement mobile : Samsung, Apple, et les banques veulent séduire les consommateurs

Avec le lancement respectif de leurs systèmes de paiement mobile, Samsung et Apple se préparent à ouvrir un nouveau front au sein de leur guerre commerciale sans merci. Avec quelles armes ? Les banques suivent-elles les géants américains ? Les réponses dans cet article.

D’un côté, le géant électronique coréen qui ne cesse d’affirmer son autorité sur le marché des smartphones face au précurseur devenu outsider ; d’un autre, la firme de Cupertino qui est parvenu au début des années 2000 à devenir l’entreprise la plus influente de ce siècle dans le secteur.

Les métaphores ne manquent pas pour décrire ce conflit dont les racines s’apparentent à des mythes homériques. La dernière décennie est cependant marquée par les batailles judiciaires et commerciales que se livrent Apple et Samsung dans leur lutte pour le monopole du marché. Cette fois-ci, c’est sur le segment montant, pour ne pas dire très attendu du paiement mobile ou du paiement par téléphone mobile avec un marché estimé à 142 milliards de dollars pour l’horizon 2019, que les deux sommités de l’électronique tâchent de tirer leur épingle du jeu. En lançant leurs systèmes à un an d’écart dans leurs pays d’origine respectifs, les deux rivaux annoncent les prémices d’une opération d’invasion du marché. À partir de quels avantages concurrentiels ?

Samsung Pay, le paiement mobile à la mode coréenne

Historique

Le lancement de l’application de paiement mobile de Samsung est assuré depuis août 2015 dans le pays natal de son entreprise fondatrice : en Corée du Sud, c’est déjà près d’un million d’utilisateurs recensés qui utilisent quotidiennement la solution de paiement mobile, d’après le site spécialisé Transactions Mobiles.

Un mois plus tard, c’est sur le terrain d’Apple que Samsung Pay vient défier la marque à la pomme avec son débarquement aux États-Unis, puis continue depuis le début de l’année son expansion géographique aux côtés de son grand rival : en Europe, tandis qu’Apple Pay pose ses valises au Royaume-Uni, Samsung lance son poulain du paiement mobile en Espagne, avec le partenariat de la CaixaBank, une première pour le continent et la zone euro.

Ambitieux, le mastodonte coréen s’attaque également depuis ce mardi 29 mars au rude marché chinois, plus d’un mois après l’implantation d’Apple Pay dans le pays.

Quid de la France et des autres pays européens ? Pour cela, il faudra patienter : Samsung Pay n’est pas prévu dans l’Hexagone, royaume des cartes à puces, avant le deuxième trimestre 2016.

Caractéristiques du paiement mobile Samsung Pay

Technologie de pointe oblige, Samsung indique dans son récent communiqué sur son déploiement en Chine évoqué un peu plus haut que Les modèles Galaxy S8, Note 8, Galaxy S7, Galaxy S7 Edge, Galaxy S6 Edge+ et Galaxy Note 5 sont en mesure d’accueillir le système de paiement.

À l’instar d’Apple Pay, Samsung Pay fait appel au même principe de cryptage des données via l’utilisation d’un système de jetons, la tokenization, qui consiste à éviter de faire transiter les données bancaires du client sur le réseau lors du règlement de la transaction par paiement mobile

Au niveau du fonctionnement, Samsung se démarque grâce à la technologie développée par l’entreprise américaine LoopPay, que le coréen a acquise en 2015.

Autrefois concurrent de l’Apple Pay, LoopPay a mis au point un procédé permettant au système de Samsung d’exploiter certains modèles de lecteurs de bandes magnétiques encore très répandus en Amérique du Nord, ce qui rend sa pénétration du marché américain bien plus aisé que pour son concurrent, pourtant en place depuis 2014.

D’ailleurs, le Coréen ne s’est pas fait attendre pour pointer du doigt son concurrent direct dans une campagne vidéo mettant en scène le comique américain Hannibal Buress qui démontre les capacités de Samsung Pay à fonctionner sur les modèles de lecteurs de bandes magnétiques contrairement à Apple Pay.

Cet avantage s’annonce, cependant, à durée limitée : excepté aux États-Unis où les systèmes de carte à puces sont historiquement très restreints, le développement croissant de la technologie NFC pour Near Field Communication ou Communication en champ proche privilégié par Apple Pay tend à faire de se procédé la norme future du paiement mobile.

Mais là encore, Samsung a résolument préparé l’avenir : dès 2013, le géant de l’électronique signe un partenariat avec le français Oberthur Technologies pour l’installation du matériel PEARL, l’élément sécurisé embarqué (eSE) NFC de pointe du fabricant.

Nous sommes très fiers d’être les premiers à avoir été choisis par Samsung pour le lancement de Samsung Pay en Europe et d’apporter ce nouveau service aux nombreuses banques qui vont s’associer à nous sur le continent. En combinant notre expertise dans la configuration sécurisée des moyens de paiement à d’autres services avec l’eSE Pearl by OT (Oberthur Technologies), nous connectons Samsung à un large écosystème de fournisseurs de services à travers le monde. – Marek Juda, Managing Director de la Business Unit Solutions chez OT. 

L’application de paiement mobile est disponible en Corée du Sud, en Chine, aux Etats-Unis, à Puerto Rico, en Australie, à Singapour, en Russie, en Thaïlande, en Malaisie, au Canada, en Inde, aux Emirats Arabes Unis. Le Royaume-Uni, l’Espagne, la Suisse sont trois pays du continent européen à disposer de l’application de paiement mobile. Au début de l’année 2018, Samsung Pay n’est toujours pas disponible en France. Selon nos informations, le géant coréen a dû « batailler » pendant deux ans auprès des autorités bancaires et de sécurité pour proposer son service. Il devrait être disponible au premier semestre 2018.

Apple Pay, un service de paiement mobile complémentaire de l’iPhone

Historique

Mis en place dès 2014 aux États-Unis, Apple Pay s’est directement appuyé sur un système de réseaux incluant plusieurs grandes chaînes et franchises, à l’image de Mac Donald, affirme une nouvelle fois Transactions Mobiles. Ce qui a eu effet depuis de conférer à la firme de Cupertino un avantage considérable en termes d’effectif clientèle : Apple Pay surpasse largement ses concurrents directs avec ses 12 millions d’utilisateurs, contre seulement 5 millions pour Android Pay, le service de paiement mobile de Google, et Samsung Pay, relève Bloomberg.

 

Se diffusant largement au Canada et au Royaume-Uni, Apple Pay se lance à l’assaut du marché chinois le 18 février dernier avant d’être rejoint un mois plus tard par son rival Samsung. Dès le premier jour, c’est pas moins de 38 millions de cartes bancaires qui ont été enregistrées sur Apple Pay par les consommateurs chinois !

Comme un tandem, Apple semble aborder le marché européen en suivant les pas de son meilleur ennemi : sa prochaine cible européenne après les îles britanniques serait le marché espagnol où s’est déjà installé Samsung il y a peu.

Le service de paiement mobile Apple Pay est disponible sur le marché français par le biais de partenariats avec la Caisse d’épargne, Visa, Mastercard, Crédit Mutuel de Bretagne, du Sud Ouest, du Massif Central. La Banque Populaire, la Banque de Savoie,  Carrefour Banque et assurance, la Banque BCP, Fortuneo, Orange Bank ou encore Lydia font bénéficier du service à leurs clients.

Pour aborder le marché français, la marque à la pomme a du cependant mettre à plat son différend avec Orange, son partenaire historique, qui l’accuse par le biais de son PDG Stéphane Richard de volontairement bloquer les négociations concernant la compatibilité de la solution de paiement mobile Orange Cash, équivalent d’Apple Pay, sur les produits d’Apple. Surtout que son PDG, Tim Cook, ne semble pas enclin à engager un quelconque dialogue sur le sujet.

 ”Non il ne m’a pas répondu (à propos de Tim Cook). Je m’apprête à le relancer en essayant être un peu plus persuasif. J’espère pouvoir débloquer la situation avec Apple très rapidement. Cette ignorance, ou peut-être est-ce un refus déguisé, pose un problème de concurrence” – Stéphane Richard, PDG d’Orange.

Caractéristiques du paiement mobile Apple Pay

Contrairement à son concurrent Samsung, le paiement mobile Apple Pay se base exclusivement sur la technologie NFC pour permettre aux possesseurs d’appareils mobiles Apple les plus récents, à savoir l’iPhone 6, l’iPhone 7, 8 et X ou bien l’Apple Watch couplée à un iPhone 5, d’effectuer des achats en utilisant la communication possible entre un smartphone de la marque et un terminal de paiement associé et compatible.

Bien que cette technologie soit paradoxalement très peu répandue aux États-Unis, la NFC devrait équiper à l’avenir l’ensemble des commerces des pays occidentalisés, d’autant plus que depuis mars 2016, l’entreprise suédoise IZettle propose un nouveau lecteur mobile NFC compatible avec la solution de paiement mobile d’Apple : le “Pro Contactless”.

Globalement, le fonctionnement d’Apple Pay est similaire à celui de Samsung Pay : la tokenisation, ce système de jeton qui permet d’éviter le transit d’informations bancaires du consommateur, qui reste d’ailleurs totalement anonyme lors des règlements mobiles, sur le réseau est également appliqué par Apple en plus de sa protection par empreinte digitale du Touch ID.

paiement mobileComparatif entre Apple, Samsung, Google, Pay Pal et Bitcoin
Comparatif des solutions de paiement mobile d’Apple, Samsung, Google, Pay Pal et Bitcoin

Vous l’aurez compris, si Apple Pay l’emporte pour le moment au niveau des utilisateurs, cet avantage risque bien de fondre comme neige au soleil devant la polyvalence de fonctionnement et le dynamisme de Samsung pour promouvoir sa solution de paiement mobile. Mais c’est bien entendu sans compter sur l’émergence d’autres annonceurs tels que Google avec Android Pay ou Amazon qui, malgré l’échec de son Amazon Wallet, entendent bien relancer la machine du paiement mobile, sur le marché qui risque bel et bien de briser  prochainement l’engeance oligopolistique des deux géants.

Les banques se mettent aussi au paiement mobile

Les applications de paiement mobile ne sont pas seulement développé par les fabricants de smartphone. Un service en particulier a été créé par des banques : Paylib. Lancée en 2013, cette solution de paiement en ligne puis mobile est le fruit de l’association de trois banques françaises : La banque postale, BNP Paribas et la société générale. Ce sont maintenant 9 enseignes bancaires qui proposent le service Paylib : le Crédit Agricole, la Caisse d’epargne, la Banque Populaire, Boursorama Banque, Hello Bank et Crédit Mutuel Arkea l’ont adopté.  

Paylib est disponible gratuitement pour les clients et les commerçants équipés d’un TPE compatible dont le paiement sans contact est activé.

Des enseignes physiques et en ligne comme Leroy Merlin,  La Redoute, Electro Depot, Sarenza ou Rue du commerce acceptent le paiement mobile par le biais de Paylib. Près de 600 000 commerçants peuvent faire profiter de l’application aux utilisateurs, mais il reste difficile de connaître le taux d’adoption du service de paiement mobile. Il est possible d’avoir une idée du nombre de téléchargement des applications des banques embarquant le service, mais le nombre d’utilisateurs n’est pas communiqué.

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