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Le véritable frein de l’IoT en 2018 ? Le manque de talents disponibles

Dans l’ensemble des domaines technologiques, embaucher des talents compétents est une épreuve de tous les instants. Cette affirmation est d’autant plus vraie dans des secteurs pour le moins récents comme le Big Data, le Cloud et l’IoT qui connaissent une forte croissance.

Les prédictions et prévisions des cabinets d’études comme Gartner et IDC concernant l’Internet des Objets impressionnent. Il est question du déploiement de 20 à 45 milliards d’objets connectés dans le monde d’ici à 2020.

Une telle croissance semble naturelle au vu des ambitions des entreprises et de la demande en pleine expansion. Pourtant, les acteurs du secteur sont confrontés à une problématique commune avec les secteurs du Big Data, du Cloud et maintenant de l’Intelligence Artificielle : le recrutement d’ingénieurs IoT. Cela peut ralentir grandement le lancement des projets IoT d’envergure.

Tous les domaines technologiques impactés par le manque de talents

Il suffit de lire l’annonce de la Société Générale relayée le 19 avril par nos confrères du Monde Informatique pour se rendre compte que les besoins de talents dépassent la sphère des entreprises IT. Le groupe bancaire cherche à recruter 600 ingénieurs en CDI en 2018 dont des développeurs, des analystes Big data, et bien évidemment des spécialistes de l’IoT. À cela s’ajoutent 180 offres de stages et 170 postes d’alternants en n’oubliant pas de mentionner 30 offres ouvertes en volontariat international en entreprises.

De même, une étude récente menée par l’opérateur de télécommunication irlandais Inmarsat tend à prouver que plus de 60 % des entreprises impliquées dans l’agritech manquent de talents afin de mettre en place des solutions connectées et Big Data en rapport avec l’agriculture.

Selon Gartner, le secteur de l’IA fait face à une véritable pénurie. Le cabinet d’étude identifie 1275 experts de l’IA dans le monde, dont 60 % sont concentrés dans les cinquante villes dans le monde.

Par ailleurs, le développement des technologies comme l’IoT, le Big Data, le Cloud et l’intelligence artificielle entraînent mécaniquement le besoin de compétences en sécurité. Ce défi très important a également été identifié par Inmarsat qui a interrogé les 100 plus grandes entreprises spécialisées dans l’énergie. 54 % d’entre elles déclarent qu’elles ont besoin de talents supplémentaires dans le domaine de la sécurité pour réussir le développement de leurs projets IoT. Près de 70 % des sondés estiment qu’il faut augmenter les investissements dans ce domaine. De plus, toutes les entreprises en Europe devront respecter l’application du GDPR dès le 25 mai 2018.

Investir massivement dans l’IoT ne suffit pas

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L’investissement en masse est une stratégie adoptée par bon nombre de grands acteurs. Deloitte estime qu’en 2021, la somme des investissements dans l’IoT atteindra 1521 milliards dans le monde. Par exemple Microsoft se prépare à investir 5 milliards de dollars en quatre ans dans l’IoT. Ce plan passera sûrement par des phases de recrutement auprès des jeunes diplômés.

Tous les problèmes ne se règlent pas à coup de gros billet. Abhas Ricky, Directeur de la stratégie et de l’innovation chez HortonWorks exprimait cette difficulté lors du DataWorks Summit, s’étant déroulé à Berlin du 16 au 19 avril 2018. Le spécialiste du déploiement des technologies Hadoop et Apache fait face tout comme d’autres acteurs à des problématiques de recrutement et de rétention des talents.

Selon Abhas Ricky, “pour qu’un développeur soit bon dans son domaine cela prend 17 mois. Généralement, les personnels formés partent au bout du neuvième mois, juste au moment où ils sont opérationnels”. Il ne faut pas seulement assurer un revenu attirant pour ces acteurs, les conditions de travail, les défis lancés doivent aussi être intéressants. Selon le directeur de la stratégie et de l’innovation d’HortonWorks, une bonne méthode consiste à créer une dynamique de groupe où les développeurs comprennent qu’ils font avancer les solutions de l’entreprise. C’est un équilibre tout particulier qu’il faut trouver pour réussir à conserver ces talents et les motiver à donner le meilleur d’eux-mêmes.

Accélérer l’adaptation des formations

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De leur côté, les étudiants qui veulent s’orienter vers l’IoT font face aux manques de formations spécialisées. En France, il faut compter sur une dizaine de formations d’ingénieurs IoT disponibles, notamment celle de Telecom SudParis et celle de l’ISEP. Les autres s’orientent généralement vers des diplômes d’ingénieurs IT, plus classiques, puis se spécialisent dans la gestion des solutions matérielles ou logicielles. Or, l’Internet des Objets réclame d’avoir des connaissances dans les deux domaines à la fois. Il faut donc compter sur la volonté de jeunes ingénieurs à s’impliquer dans le développement de ces nouvelles technologies.

De même, les ingénieurs déjà expérimentés doivent suivre des mises à niveau afin d’optimiser le temps de développement des solutions IoT. Trouver des centres agréés devient alors primordial pour les entreprises. Certains iront se renseigner auprès des entreprises qui fournissent les solutions adoptées, d’autres passeront directement par les entreprises de service numérique qui mettent à profit leurs relations avec les écoles d’ingénieurs afin de former des experts dans des domaines distincts.

À ces phénomènes, il faut ajouter le manque de standardisation des technologies de l’IoT. Si la majorité des acteurs prônent l’utilisation de technologies Open Source, d’autres conservent une approche propriétaire. Il ne s’agit pas seulement de fluidifier les relations humaines, de favoriser le recrutement des nouveaux talents et de les conserver, il faut également mettre au point une base de connaissances commune qui permettra à un plus grand nombre de développeurs et d’ingénieurs de se former aux métiers de l’IoT.

Cahier des tendances « RETAIL CONNECTE »

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