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7 conseils aux entreprises qui veulent réussir leur transition connectée

Transformation du papillon comme illustration de la transition connectée

Le phénomène de l’internet des objets (IoT) prend de l’ampleur. Les entreprises cherchent à capitaliser sur cette tendance, en adaptant leur architecture IT existante et leur organisation. Sept conseils pour une transition connectée réussie.

L’internet des objets est un réseau d’objets physiques communiquant entre eux via divers capteurs embarqués, qui collectent ou échangent des informations sur ces mêmes objets. Ce sont, bien sûr, des montres connectées, des trackers d’activité ou des systèmes domotiques, mais aussi, sur le marché B2B, par exemple, des containers d’expédition et d’entreposage « intelligents ». Grâce aux systèmes IT tous ces objets sont mis en réseau et génèrent des volumes importants de données. Pour les entreprises innovantes ces données sont des sésames qui ouvrent des opportunités encore inexplorées et permettent de prendre un avantage sur leurs concurrents.

Evolution, page de dictionnaire

Selon le rapport de McKinsey Global Institute, l’impact économique de l’internet des objets peut atteindre 11 milliards de dollars vers 2025 dans de nombreux secteurs. Cependant, même si l’avènement de l’IoT est marqué par une adoption très massive des applications destinées aux particuliers, 70% de la valeur économique proviendra de l’usage des capteurs divers et de l’intelligence collective des utilisateurs B2B.

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Comment préparer les systèmes IT et l’organisation des entreprises à l’internet des objets

Les questions sont nombreuses. Comment accéder aux opportunités induites par l’internet des objets ? Comment construire une pile technologique (des couches de hardware, des applications logiciels, des plateformes opérationnelles et des réseaux qui constituent l’architecture IT) pour supporter applications et objets, présents et futurs, de l’internet des objets? Les entreprises, devraient-elles investir dans des technologies propriétaire ou open source ?

La transition vers une architecture optimisée pour l’IoT sera complexe. Pour cela il faudra concevoir, construire et supporter objets et applications intégrant utilement une partie d’un réseau intelligent et efficace. Il faudra re-penser des éléments constituant des piles technologiques pour qu’ils soient capables de supporter des milliards d’informations par an en provenance de millions de produits, d’objets et d’applications. Puisque les objets sont connectés en permanence, les entreprises doivent être capables de réagir aux demandes des consommateurs et des systèmes en temps réel. En conséquence, tout va se jouer sur une compétence critique : le développement et la livraison en mode Agile. Une connectivité « sans-couture » à inventer deviendra incontournable, tout comme une coopération étroite entre les services IT et les opérationnels. De plus, les entreprises devront être capables de collecter, analyser et stocker, efficacement et en toute sécurité, les données provenant de ces architectures complexes.

Valeur potentielle de l'interopérabilité, par secteur
Valeur potentielle de l’interopérabilité, par secteur

De plus, la complexité des technologies IoT et leur interopérabilité constituent encore des freins importants à l’adoption par le grand public. La simplification et la personnalisation s’avèrent à la fois le défi et l’opportunité d’explorer et d’inventer de nouveaux modèles pour les fournisseurs hardware, software et services.

A l’heure actuelle il existe dans le monde plus de 9 milliards d’objets connectés, smartphones et ordinateurs inclus, et ce chiffre va tripler dans les 10 prochaines années. Pourtant, la plupart des entreprises ne font que commencer à remodeler leur architecture IT et leur modèle opérationnel. Voici les 7 principes pour les aider à accélérer la transition connectée.

1. Participer activement à la définition des standards technologiques

L’offre actuelle de l’IoT est essentiellement basée sur des formats de données, définitions de services et interfaces propriétaires, tous réalisés et optimisés pour des usages spécifiques. Par exemple, beaucoup de systèmes d’éclairage intelligents utilisent des algorithmes propriétaires, qui permettent à l’utilisateur de définir ses paramètres dans une maison ou un immeuble donné, mais ne fonctionneront pas ailleurs. Pour que l’écosystème de l’IoT puisse vraiment se développer, il faudra créer de nouveaux standards de connectivité et des API communes. Les premiers arrivés auront la chance de définir les règles de jeu et les nouveaux standards en partenariat avec des universités, des centres de recherches et des organismes régulateurs.

Définir les règles de jeu et les nouveaux standards, influencer les organismes régulateurs, aisir une part de marché, créer de nouveaux flux de revenus grâce aux licences.

Le mot d’ordre sera : étendre l’interopérabilité et la modularité, aussi bien au niveau des objets et applications mêmes, qu’entre eux. Par exemple, AT&T, Cisco, GE, IBM et Intel ont co-fondé leur Industrial Internet Consortium. Le premier objectif du Consortium est d’établir des standards d’interopérabilité pour que de différentes industries puissent partager entre elles des données sur les flottes et les équipements. D’autres groupements se sont concentrés sur la standardisation des API qui permettent d’effectuer des commandes basiques et des transferts de données entre les objets équipés de capteurs. En participant activement aux débats sur les standards, ces entreprises peuvent non seulement influencer les organismes régulateurs, mais surtout ils seront pionniers sur le marché des objets et des applications IoT, vont saisir une part de marché et créer de nouveaux flux de revenus grâce aux licences.

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2. Considérer la connectivité comme partie du design

Où installer les calculateurs sur des objets connectés et les applications ? Cette question ne cessera pas de hanter les entreprises. Des centaines et des milliers d’objets connectés et d’applications devront être connectés simultanément à un réseau sans fil. Par exemple, une maison intelligente, peut contenir en moyenne entre 50 et 100 applications, lampes, thermostats, etc., chacune avec ses propres besoins énergétiques. Une voiture connectée peut collecter et traiter simultanément des centaines de gigabytes de données de trafic et de navigation par heure : une caméra sur le pare-brise capte, traite et envoie sur les serveurs cloud des informations sur les feux de circulation et les places de parking disponibles. Ces activités peuvent coûter cher pour le consommateur et l’entreprise, en fonction du volume de l’information transmise par les réseaux à haut débit et du débit disponible.

Cloud connecté

Quelles sont les solutions ? Les services IT des entreprises et les ingénieurs produits devront développer ensemble des solutions intelligentes pour  « décharger » les données au moment où leurs objets seront connectés à un réseau à haut débit. Il faudra bien choisir les meilleurs moments pour compresser, enregistrer et transmettre les données. Le « traitement préliminaire » des données par les objets connectés eux-mêmes peut éviter la surcharge de la bande passante. Par exemple, pour réduire le coût de la transmission, les constructeurs automobiles pourraient choisir pour leur système un design qui permette de stocker les algorithmes de feux de circulation dans les calculateurs de chaque voiture pour n’envoyer vers le cloud que les informations les plus pertinentes. La nature des réseaux à haut débit est telle que le coût du traitement des données va varier selon la demande de la bande passante.

3. Adopter un modèle « continuous delivery » pour les logiciels et services

Le cycle de remplacement des objets connectés peut être plus long que celui de l’innovation des capteurs et des logiciels embarqués. Les entreprises devront réfléchir sur la manière de mettre à jour leurs capacités IT pour autoriser des mises à jour continues des logiciels. Idem sur le versant matériel, il faudra adopter une approche modulaire du design. Par exemple, Tesla a développé un système basé sur des logiciels et capteurs qui gère des demandes du service client et effectue des corrections. Ainsi, quand certains utilisateurs ont remarqué que leur voiture arrêtée en pente reculait et accélérait après le changement de feux, les ingénieurs ont imaginé pour les voitures utilisant les fréquences de haut débit un firmware de mise à jour. Tous les utilisateurs de modèle S de Tesla – et pas seulement ceux qui ont constaté ce problème – se sont vu proposer en ligne une nouvelle fonction logicielle, le « Hill Start Assist ».

Pour garder ce modèle de « service continu » les entreprises devront revoir leurs processus de développement des produits et explorer un « modèle IT à 2 vitesses ». Avec cette approche l’organisation IT doit simultanément prendre en charge, d’un côté, le support des applications utilisateur qui doivent être mises à jour rapidement et régulièrement et, de l’autre côté, des applications du « système d’enregistrement » qui assurent la stabilité et la sécurité. Une intégration étroite des opérations IT et du développement logiciel à l’intérieur de l’entreprise sera un gage de vitesse et de fidélité, vitales pour les apps IoT. De plus, pour des produits non supportés précédemment, de nouveaux schémas de sécurité pourraient être nécessaires. Enfin, les entreprises devront développer leur marketing pour communiquer avec les clients sur les nécessaires mises à jour fréquentes, soit à travers l’objet connecté ou l’application même, soit à travers les médias sociaux et des forums en ligne.

4. Prévoir le rétrofit des produits et systèmes existants

Chaque lancement et mise à jour des produits IT ajoutent de la complexité aux architectures IT déjà complexes des entreprises. Or, les nouveaux objets sont souvent incompatibles avec les produits existants, car ils utilisent d’autres ensembles de données et leur maintenance se fait à un autre rythme. Pourtant, les produits et objets des générations précédentes sont encore capables de fournir des données utiles pour créer de nouvelles fonctionnalités aux produits plus récents. Les calculateurs des moteurs d’avion ou des locomotives, par exemple, ne sont pas toujours capables d’utiliser les applications IoT qui permettent la surveillance des moteurs et des réparations « à la volée ». Cependant, ces systèmes plus anciens contiennent des trésors de mapping et d’autres données qui peuvent être explorés et utilisés pour développer des services de tracking basés sur l’IoT à destination des services de transport. Les entreprises auront besoin d’explorer des solutions de rétrofit pour pouvoir, a minima, extraire les données des produits et systèmes antérieurs. Par exemple, certains constructeurs automobiles utilisent des « dongles » et autres instruments pour connecter d’anciens modèles à leurs systèmes  pour les contrôles techniques.

Des systèmes anciens contiennent des trésors de mapping et d’autres données qui peuvent être explorés et utilisés.

Les entreprises peuvent également manquer de compétences pour utiliser les systèmes de l’IoT et leurs données. Ils devront trouver des spécialistes de données – les data scientists – des ingénieurs R&D et des managers à l’aise avec des outils analytiques avancés et capables d’écrire des algorithmes personnalisés.

5. Revoir la stratégie de la cybersecurité et des protocoles de confidentialité

Garantir une sécurité élevée des données deviendra une condition sine qua none pour tirer pleinement le bénéfice de l’IoT. Après tout, chaque objet ou produit interopérable augmente la « surface » pouvant être utilisé comme un point d’accès non autorisé au réseau, ce qui augmente les risques d’une façon exponentielle. Une attaque de hackers sur n’importe quel système dit « intelligent » peut, potentiellement, se transformer en une menace sérieuse pour l’économie, la santé et la sécurité.

La sécurité des données présentes dans l'écosystème IoT
La sécurité des données présentes dans l’écosystème IoT

Les entreprises devront installer avec leurs clients une atmosphère de confiance, promouvoir une coopération entre les entreprises et les industries et assurer la sécurité des plateformes de l’e-commerce. Bref, elles devront construire la « résilience digitale », en intégrant des méthodes de protection des informations critiques dans leur architecture technologique, dans leurs processus de l’innovation des modèles économiques et dans leurs interactions avec les consommateurs.

Pour cela les entreprises peuvent passer par le niveau technique : par exemple, investir dans la prochaine génération du cryptage des données et des profils clients, chercher des moyens pour rendre complètement anonymes toutes les données collectées. Au niveau non technique : des régulations ouvertes et surveillées, une politique stricte de sécurité renforcée.

Pour chaque objet, produit ou application connectée et pour toute la durée de son cycle de vie les entreprises peuvent intégrer des mécanismes opt‑in et opt‑out pour le consommateur. Probablement le plus important est que les clients B2B et B2C doivent comprendre leur propre intérêt à partager les informations sensibles. Par exemple, certains assureurs soulignent qu’ils peuvent réduire les primes d’assurances de 15% pour la plupart de leurs clients grâce à l’analyse de leurs données personnelles de conduite (plutôt que de se reposer sur les tableaux actuariels).

6. Explorer la modularité, l’interopérabilité et les technologies open source

Lego Color Bricks

Pour attirer de nouveaux partenaires les entreprises devraient considérer  construire des piles modulaires de l’IoT avec des composants open source qui peuvent fonctionner séparément. Certaines entreprises construisent déjà sur de l’open source des plateformes de traitement de données, dont la maintenance et le développement pourront par la suite être assurés par de différents intégrateurs de systèmes. Certaines entreprises contribuent très activement au développement des logiciels open source en communiquant sur leurs efforts de développement interne. La maintenance de presque tous les éléments dans une pile IoT type peut se faire par des logiciels open source, mais dans certains cas, avant de décider d’utiliser les logiciels propriétaire ou open source, les entreprises veulent étudier tout ce qui impacte le coût, la performance et la stabilité.

Il est impossible de juste emboiter les piles de technologies IoT sur l’architecture IT existante. Parfois les systèmes antérieurs ne sont pas conçus pour gérer le trafic massif et l’usage des produits connectés au réseau, dans ce cas les entreprises peuvent explorer différents modèles d’intégration. Parfois une copie des données critiques de l’ancien système peut servir de point de départ pour une pile IoT. Parfois les entreprises devront ajouter des couches d’intégration de données aux piles existantes pour faciliter le flux de données vers des piles existantes dans l’architecture. Le pile IoT peut soit fonctionner en autonome, soit être plus étroitement intégrée au reste de l’architecture IT, selon le niveau d’échange désiré. La flexibilité est cruciale, puisque la pile IoT doit pouvoir être déployée dans des configurations légèrement différentes dans des régions différentes et contribuer aux fonctions propres à chaque pays en termes de confidentialité et de stockage de données.

7. Envisager des structures organisationnelles différentes

La plupart des sociétés de la Silicon Valley ont adopté des méthodes Agile pour développer leurs logiciels et modifier leurs structures organisationnelles. Par contraste, beaucoup d’entreprises traditionnelles, orientés sur le hardware, préfèrent confier cette mission aux intégrateurs, en leur fournissant des spécifications. Dans le monde de l’IoT où la mise à jour fréquente et régulière est cruciale pour le bon fonctionnement des applications, produits et objets ce modèle organisationnel a ses limites. Quel que soit la méthode retenue, pour pouvoir développer des logiciels Agile, il faut explorer des structures organisationnelles différentes. Créer un environnement start-up à l’intérieur de l’entreprise peut être un moyen efficace d’encourager l’innovation interne et promouvoir une coopération étroite entre les développeurs produits et les opérationnels de l’IT (approche DevOps). Traditionnellement, la fonction IT a été séparée des opérations, mais devenant très impliquée dans chaque partie de l’activité de l’entreprise, l’IT exerce un impact direct sur les métriques utilisées pour mesurer les performances de chaque opération, il est donc logique que ces fonctions soient plus alignés.

Créer un environnement start-up à l’intérieur de l’entreprise peut être un moyen efficace d’encourager l’innovation interne et promouvoir une coopération étroite entre les développeurs produits et les opérationnels de l’IT.

En effet, les entreprises devront casser les frontières établies dans leurs organisations : si les données d’usage des consommateurs ne sortent pas des services concernés, les développeurs produits ne peuvent pas y accéder. L’information doit circuler librement entre les départements et les fonctions, à condition de fixer le droit de propriété sur les données produites par des objets connectés divers.

L’internet des objets gagne du terrain. Les entreprises qui sauront réorganiser leur architecture IT pour capitaliser sur la tendance de la connectivité auront l’opportunité de créer de nouvelles sources de valeur pour leurs clients et en tireront des bénéfices financiers et opérationnels long terme.

source : mckinsey

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